Bien peu de critiques pour cet album qui a pourtant connu un certain succès dans les cours de récrés des collèges/lycées au moment de sa sortie.
Ne refusant jamais une tête facile à trancher, me voici donc qui aiguise le hachoir, prêt à infliger à mon tour un « inhuman rampage » à cette chose qui avait déjà très mal vieilli à l'époque où je l'écoutais (c'est-à-dire, l'année de sa sortie). Mais avant, un peu de conscience professionnelle : réécoutons le truc, juste au cas où. ET VLAN ! SURPRISE ! Ce n'est pas terrible. Du tout. Mais ce n'est pas SI terrible. Du moins, légèrement moins que dans mon souvenir.
Le truc qui frappe en premier, bien sûr, c'est la guitare.
De ce côté-là, nul doute que le jeune Herman Li à dû passer – à l'instar de la plupart de ses petits camarades - de nombreuses heures à tâter de son manche seul dans sa chambre (mais il ne s'agit sans doute pas du même manche que la plupart de ses petits camarades).
En ressort une dextérité incontestable , mais très mal placée. Les solos, par exemple, sont d'invariables enchaînements d'aller-retours criards qui débouchent sur des sweepings de fête forraine avec des petites mélodies kitsch et des harmoniques torturées au vibrato pour faire les liaisons, le tout agrémentés d'un peu de tapping, des fois qu'on ai pas compris où se trouvaient les références du monsieur. Rendre une wah-wah aussi inexpressive est d'ailleurs un exploit à saluer.
De même pour la batterie, le type assis derrière et dont le nom m'échappe s'y entend bien dans l'art de manier la baguette mais il finit par transformer le truc en un martèlement sourd et constant, vite épuisant pour les tympans..Je ne suis pourtant pas fermement opposé aux déploiements de technique en musique - tant qu'on en fait pas une fin en soi - il y a juste un paquet de groupes qui font ça beaucoup mieux.
Et puis que c'est long ! Une heure d'album quand l'intégralité des idées est usée après les 5 premières minutes du premier morceau. Il y a bien une ballade qui tente de varier un peu les plaisirs , mais le chant plat et dénué d'émotions ne l'aide pas à réussir son objectif pourtant louable. Je passe aussi sur l'écriture, par souci de politesse et parce qu'il s'agit d'un genre qui ne me touche absolument pas, en toute subjectivité.
Pourtant...Pourtant, il faut avouer que la sauce prend un peu, du moins au début, et il est facile de se laisser emporter par les refrains épiques de Through the Fire and Flames. La débauche de «virtuosité » gratuite était pire dans mon souvenir et les sonorités me semblaient encore plus lourdingues et désagréables. Au final, on est plutôt en face d'un machin qui aurait pu marcher à petite dose, mais qu'on surexploite à l'extrême, jusqu'à une overdose qui arrive très vite.