Très perceptible depuis l’album précédent, on sent que les Isley sont tout proches d’arriver au bout de leur aventure à six membres commencée en 1973. Une aventure musicale qui leur avait permis de survoler brillamment les années 70 avec un succès autant critique que public, ce qui n’est pas si fréquent. A la fin des années 70, ils avaient même réussi à prendre le virage disco en incorporant des rythmes plus dance à leur fusion funk-soul-rock. « Grand Slam » était sorti en mars 1981 et celui-ci sort en décembre. Deux albums la même année, fichtre ! Cette rapidité peut signifier deux choses selon moi. Soit un énorme débordement de créativité, soit une panne sèche qui les amène à piocher dans des morceaux composés pour « Grand Slam » pour remplir cet album. Et malheureusement, je pencherais pour la 2e solution…Ce « Inside you » est pour moi un petit cran au-dessus mais globalement, on n’y sent plus l’étincelle groovy irrésistible de leurs albums des seventies. Le morceau titre en deux parties (une habitude classique chez eux) réussit encore à nous faire danser, la voix de Ron est superbe. Les ballades font le job, à grand renfort de cordes («Welcome Into My Heart »…). Le savoir-faire de la maison reste intact. Mais je n’accroche plus vraiment, comme si eux-mêmes avaient du mal à y croire. La guitare d’Ernie se fait plus que discrète depuis deux albums et ça aussi, c’est dommage car le son des Isley en est indissociable. Peut-être moins loupé que « Grand Slam », c’est avec le suivant en 1983 que la séparation des six musiciens allait être actée. J’adore par contre leur dégaine de « Cowboys du Funk » avec leurs costumes chatoyants sur la pochette !