Ok Computer est devenu, en 1997, un monument dans l'histoire du rock, et les membres de Radiohead sont une fois de plus conscients que leur nouvel album est attendu au tournant par les fans. C'est en Octobre 2000 qu'arrive dans les bacs Kid A. Et c'est la révélation; l'album se classe premier aux Etats-Unis dès la première semaine. En France, il détrône le célèbre Music de Madonna. Le monde entier découvre le côté expérimental de la musique des cinq britanniques. En effet l'album s'ouvre sur Everything in its right place, et dès les premières secondes d'écoute, on sait que les règles ont changé. Avec le titre Kid A qui suit, on devine que les guitares ont disparu et la voix de Thom Yorke est samplée, dérivée...The National Anthem est un pur morceau électronique, sur lequel se découvrent des airs free-jazz de cuivres emballés. Les cordes n'ont pas totalement disparu puisque Optimistic ou How to disappear completely réinventent l'utilisation des guitares; plus discrètes, plus sages. Le plus remarquable titre est sans doute Idioteque, mêlant paroles alarmistes et rythmique saccadée, sublimé par la voix magnifique dédoublée du chanteur. Le morceau Treefingers est, pourrait-on dire, dénué d'instruments, on se demande d'où viennent ces sons qui créent une sorte de « vide mélodique ». Les influences passées du Rock anglais des années 80, laissent place à des variantes allemandes comme Can ou Kraftwerk et à des sons plus électro du style de Neu! ou encore Autreche. L'atmosphère générale paraît être d'un certain dépouillement additionné de rythmes pêchés chez Massive Attack ou DJ Shadow. Le résultat est, comme toujours chez Radiohead, magnifique et l'on parle déjà de l'arrivée d'un album dès 2001, « suite » de Kid A; il sortira neuf mois plus tard sous le nom d'Amnesiac.