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On peut me frapper. On peut augmenter la chaleur sans que je ne réagisse intensément. Saigner, à la limite, et toujours demeurer debout afin de poursuivre l'épreuve. La douleur physique m'atteint moins que mes semblables. Par contre, au niveau des émotions, le bloc de glace fond comme neige au soleil. Ce qui heurte quelqu'un risque de m'anéantir momentanément et ce depuis la tendre enfance. Ma mère m'avait prévenu que j'étais trop sensible. J'en conviens. Toutefois, même si je confirme, ça ne m'apporte pas la solution pour autant...


Lorsque quelqu'un a quelque chose à me dire d'urgent ou qui risque de me heurter, rares sont les occasions ou je laisse trainer le suspense. Probablement masochiste, je préfère, et de loin, savoir ce qu'il en est maintenant plutôt que de me ronger les sangs en attendant le coup. Ainsi, je ne souffre qu'une seule fois plutôt que d'anticiper la merde et la subir par la suite. L'aveuglement volontaire, très peu pour moi malgré ma sensibilité. C'est d'ailleurs ce que présente la chanson. Tant qu'à me faire mal, (j'interprete kill me fast par la douleur)fait le vite, n'étire pas la sauce indéfiniment. Vas y frappe fort qu'on s'en débarrasse... L'aspect dramatique de la pièce ainsi que le duo vocal apporte au message une fragilité masculine peu fréquente qui, selon moi, est beaucoup plus réaliste dans la vie réelle que des "bitch" lancés à tous vents à travers un rap générique ou on vous montre des culs afin de pallier le manque de contenu.


Il y a de ces douleurs qui ne disparaissent jamais totalement. On se dit que les épreuves nous aurons endurcies avec le temps. Rupture, perte d'êtres chers, chacun y goûte et la grandeur de la cicatrice dépendra de la sensibilité de la personne. En ce qui me concerne, je balance toujours entre la colère incendiaire qui se traduirait par: "attends pas que je me relève, tu vas vomir tes tripes..." Et un géant de papier qui dirait : " Ne frappe pas trop fort, je risque de ne jamais me relever...". Je n'ai toujours pas trouvé la façon de ne pas ressentir les émotions intensément. Bien sûr, il y a mon masque d'impassibilité qui évite de voir dans mes yeux l'affliction en question. On peut mentir de manière éhontée à la planète. Mais face à soi-même, le reflet s'avère toujours la vérité.


Morale de l'histoire? Ne pas se fier aux apparences. Souvent, les visages les plus durs ne sont que fumisterie. On se cache derrière un mur pour éviter de souffrir mais au final, c'est possiblement ce mur qui nous fait le plus mal. Parce que malgré la douleur, c'est souvent ce qui se trouve derrière le masque qui renferme la beauté...

Créée

le 9 sept. 2025

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Johnny B

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