"La beauté c'est la terre avant que n'apparaissent tant d'hommes."
L'évolution, elle est dans ces quelques mots.
Fuzati était dans le premier album cet être renfermé, qui essayait de tendre la main mais se confrontait à la cruelle indifférence du monde représentée sous les traits (entre autres) d'Anne-Charlotte.
Qu'est-elle devenue cette Anne-Charlotte ? Vieille Branche y répond. Mère de famille face à Fuzati toujours célibataire, et entre eux deux, "dans la poussette cette chose affreuse c'est tout l'espace qui [les] sépare"
Cet album est donc centré sur Fuzati et son dégoût non-plus de lui-même, mais des autres, ceux qui se reproduisent alors que la vie est à ses yeux si déplaisante. Peut-on y lire des relents de "L'inconvénient d'être né" de Cioran ?
Les chansons de son premier album étaient certes déjà sombres, mais avaient toujours des pointes d'humour et des punchlines qui donnaient le sourire. Ici, ce n'est plus du tout le cas, l'écoute de cet album peut-être réellement pesante, et c'est cette maîtrise des instrus et du flow qui nous y font revenir. Une esthétique de la haine et du dégoût vraiment poussée.
Je pense que sur la durée, je réécouterais plus souvent Vive la Vie, dont l'écoute est plus légère; il n'en reste pas moins que la Fin de l'espèce est une réussite à tous les niveaux, une réussite telle que son écoute est aussi dure que ses mots.
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