La Mort - Chapitre 2 - Lèpre
1988. Après un "Scream Bloody Gore" très apprécié par les thrashers de l'époque, Chuck décide de passer à la difficile étape du deuxième album (enfin, difficile quand on a un premier album de la trempe de SBG). Pour ce faire, il forme un line-up pour son groupe, ce qui fait la première différence entre "Leprosy" et son grand frère, qui était plutôt dans l'esprit DIY. Cela se reflète également dans les compositions, car Rick Rozz a participé à la création de 6 d'entre elles, sur 8 morceaux au total.
Musicalement, le groupe a-t-il évolué ? Certes, le changement n'est pas aussi abrupt qu'avec "Spiritual Healing" ou "The Sound of Perserverance" (merde, je spoil), mais on ne peut que répondre oui à cette question. Le côté Thrash est toujours présent, mais la bande de Schuldiner affirme beaucoup plus son appartenance à un tout nouveau style, qu'elle avait à peine exploité l'année d'avant, le Death Metal. "Si tard ? Mais Death n'est pas le groupe précurseur du Death Metal alors", me direz-vous. Je suis d'accord, Possessed et Morbid Angel avaient eux aussi commencé à patauger dans le Metal de la mort quelques années auparavant, mais soyons honnêtes, c'était plus du Thrash bourrin qu'autre chose. Ici, c'est de la violence sans concession que l'on nous propose. Je sais, je l'ai déjà dit dans le chapitre premier de ma longue chronique sur la discographie de mon groupe préféré. Seulement ici, cette violence est plus obscure, vicieuse, et pour ainsi dire, terrifiante. On se tape les mêmes headbangs que sur SCG (le riff à 2:19 sur "Leprosy", ma nuque en a un souvenir douloureux) mais ici, c'est un poil plus intelligent. Les solos sont proprement démentiels ("Primitive Ways", "Choke on it"), contrairement à la bouillie de notes aiguës et dissonantes qui constituait ceux du premier album. Mais surtout, la voix est plus grave, et gutturale à proprement parler.
En revanche, si quelque chose n'a pas changé, ce sont bien les paroles. Comme avec "Scream Bloody Gore" (d'ailleurs inspirées par les films de Lucio Fulci), elles n'ont pour seul thème que le sang, les tripes, en gros tout ce qui touche à la mort violente. Et pareil que sur l'album précédent, elles sont tout aussi addictives et faciles à mémoriser (impossible de ne pas hurler "LEPROSY WILL TAKE CONTROL AND BRING YOU TO YOUR DEATH" en écoutant le premier morceau au volume maximum). D'un côté, ça adoucit le léger changement musical du groupe pour les fans de première heure. Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire sur les paroles, leur structure étant horriblement classique (couplet-refrain-couplet-refrain-refrain, et encore, les refrains c'est souvent le titre du morceau répété 4 fois) et leur diversité inexistante. On sera gentils, à l'époque fallait pas trop leur en demander.
Que dire en guise de conclusion ? En ressortant des cultissimes studios Morrisound, Death nous sort de nouveau un pur chef-d'œuvre, plus abouti et novateur encore que son prédécesseur. C'est donc avec succès que le groupe a passé l'étape du deuxième album. Seulement, arrivera-t-il de nouveau à innover et à impressionner les foules ? Vous le saurez au prochain épisode (bon, en même temps j'ai dévoilé la réponse plus haut).