Jean-Michel Jarre – Les Granges Brûlées (Bande Originale Du Film) – (2023)
C’est mon unique album de Jean-Michel Jarre et je viens de me le procurer à l’occasion d’une réédition récente sur « Tranversales ». C’est la B.O. du film « Les Granges Brûlées » de Jean Chapot, avec Delon et Signoret, qui date de soixante-treize, c’est-à-dire au tout début de la musique électronique, particulièrement en France.
A une époque, lisant pas mal sur les musiques, j’avais retenu le nom de cette B.O. qui marque les débuts discographiques de J-M Jarre, et qui était alors assez difficile à dénicher, c’est peut-être ce dernier point qui m’avait interpelé, ce qui peut démontrer un certain manque de profondeur, je le confesse volontiers. Il est signalé que c’est la première réédition vinyle de cet album, parfaitement produit avec un très bon son, réalisée à partir des masters d’origine.
On peut lire également que J-M Jarre a déclaré : « Aphex Twin m'a dit un jour que la bande originale des "Granges brûlées" était un de ses disques préférés ». Bon, j’avoue, de mon côté, ne pas grimper aux rideaux à cette vitesse-là, bien que je ne m’ennuie pas non plus, les pièces sont courtes et portent des climats et des ambiances parfois prenantes ou singulières, sans véritablement créer de fortes émotions, c’est une musique assez descriptive.
Ce qui est remarquable ce sont les thèmes, chaque pièce possède sa marque, mais ils semblent compatibles les uns avec les autres, créant une identité musicale assez forte, à part « Zig-Zag » face une, très à part par son côté pop très « Pif Gadget » et « Happiness is a Sad Song » qui est un titre bonus de cette édition.
Jean-Michel utilise trois magnétophones Revox synchronisés et un quatrième qui fait la synthèse, il utilise un synthé analogique VCS3 et un orgue Farfisa. Le « Home Studio » c’est à la maison, les moyens sont donc très limités ce qui met en valeur et donne un nouvel éclairage à cette œuvre qui possède de réelles qualités si on songe aux moyens de l’époque, une sorte de préhistoire si on considère les studios d’aujourd’hui qui semblent capables de produire à peu près n’importe quel son.
Après une seconde écoute, je le trouve encore meilleur qu’à la première, ce qui est bon signe. Pourtant l’écoute de l’album ne pose aucune difficulté, très accessible à tous, il y a bien sûr des trucs très typés années soixante-dix, l’usage de la voix féminine par exemple, mais c’est plutôt un charme supplémentaire finalement