Il y a la solitude qui exclut la présence d'autrui. Puis, il y a le sentiment d'être seul dans son monde, déphasé, différent du commun des mortels. Le premier cas a logiquement une durée, sera passagère car tôt ou tard, quelqu'un, quelque part se pointera dans la vie du solitaire. L'option suivante s'avère permanente et ne se résorbe pas avec l'arrivée d'un autre humain. Il s'agit plutôt d'une mentalité divergente. Un sentiment continuel de ne pas faire partie du gratin, de la société. Le terme " mes semblables " ne s'applique donc pratiquement jamais. Ce qui semble incongru réside dans la dichotomie propre au même mot mais n'ayant pas la même portée. Pour l'illustrer, je suis une personne solitaire, demeurer seul ne me dérange nullement. Par contre, je me sens terriblement seul, dans mon monde, sur cette planète...


La force de SOAD se situe surtout, selon moi, a leur capacité à contextualiser le sujet et de le décrire en chanson. Je pense d'ailleurs à la pièce BYOB ( signifie apportez votre propre bouteille/ anglais). On y dépeint agressivement la haute populace, nos dirigeants qui se tapent des petits cocktails, bien campés derrière des portes protégées à l'excès et qui ne font que pousser un crayon. Tandis que ces mêmes cravates envoient des hommes se faire tuer à la guerre. Eux, n'iront jamais. Dans le cas qui nous préoccupe, la solitude a une triste mine plutôt tourmentée, quitte à crever pour ne plus la vivre. Une ambiance morose entoure un texte foutrement simple mais qui exprime réellement ce que peut représenter une trop grande solitude. On dit que l'être humain est un animal social. Sans stimulation extérieure, on finit par se bouffer de l'intérieur. Curieusement, ça ressemble a l'atmosphère qui ressort du titre. Une voix plaintive qui ressemble à d'obscures litanies. En vulgarisateur , j'opterais pour une constatation flagrante. Il s'emmerde à mourir , c'est le jour le plus solitaire de sa vie, autrement dit, c'est a chier comme état d'esprit.


Je serais tenté d'inclure une parcelle de mon vécu dans le message lancé ici. Quand on se sent étranger à la société, aux gens et à l'humain en général, on en vient à se demander si ce nestn'est pas nous qui avons un problème. Du coup, ce que je reproche a la liste d'irritants vertébrés demeure le manque de substance. Tu me parles mais vraiment, je discute pour être gentil car, en dedans, honnêtement, j'en ai absolument rien à chier. Je m'ennuie ici avec une tranche de dégénéré, une panoplie de visages antipathiques et au discours creux et le reste non plus ne me parait pas tellement plus intéressant puisque lors d'innombrables essais et erreurs, j'ai pu goûter à leurs médecines nombriliste qui aiment insérer l'argent qu'ils font ou leurs gazons plus vert pour meubler la discussion. Automatiquement, je décroche, fermeture enclenchée, et on ne me reverra jamais sinon qu'en souvenir ( morne, drabe, bougon). J'ai essayé à maintes reprises d'adhérer socialement au moule. Université, travail, logement, rencontres... La durée approximative de mes interactions est inversement proportionnelle au nombre de convives. Plus il y a de monde, plus vite arrive le départ. Un réflexe quasi autiste fait irruption, la cacophonie m'importune, Sitôt je prépare un plan de sortie poli et je retourne dans ma grotte. Or, lorsque j'entends cette chanson, je me reconnais, ça me correspond et ce, même en durée. On souligne un jour interminable à travers le texte. Ça me rappelle instantanément les visites sociales ( famille, couple, amis) qui commence avant le souper et se termine en soirée. L'horloge s'usait simplement à force de regards. Pas à ma place, inconfortable, pressé d'en finir, regrets d'avoir accepté, plus jamais...


Je ne connais pas la provenance du sentiment de solitude du groupe, ce qui a inspiré cette pièce. Par conséquent, je ne peux affirmer qu'il s'agit de la même émotion que moi. Par contre, je sais pertinemment que ça me rejoint si on parle de se sentir extraterrestre parmi les humains. L'oignon a beau avoir la forme et la taille d'une pomme, elle n'en sera jamais une.


Parfois, j'aimerais bien retrouver ma planète, cest long ici par moment...

Créée

le 2 avr. 2025

Critique lue 62 fois

Johnny B

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