FKA Twigs par ci, FKA Twigs par là ; ces couvertures d'albums à l'esthétique ... particulière (?), ce n'est que très tardivement que j'ai décidé de m'intéresser à cette artiste dont la notoriété semblait extrêmement solide.


Et j'ai très vite compris pourquoi.


C'est un peu un halo lumineux à la jonction d'une multitude de (sous) genres, plus ou moins éloignés les uns des autres.


Dans les années 90 on a eu le Trip-hop : l'addition souvent très subtile de Soul, Jazz, de cordes, le tout parfois samplé, sublimés de voix suaves et de sonorités électroniques.
Aujourd'hui, le Trip-hop devient un élément d'inspiration parmi d'autres. Certains y verront un acte de barbarie, celle de la course à l'assemblage et au troncage des genres : au delà du besoin du faire du renouveau, d'en faire du spectaculaire.


D'autres seront excités à l'idée de l'appropriation de ces genres à travers cette génération d'artistes qui ne se contentent plus d'une seule étiquette musicale. Ou du moins, qui, je pense, n'en cherchent même pas une seule.


Dans une société où les injonctions à la "déconstruction" lancées par les acteurs d'une bonne partie de la sociologie contemporaine outre-atlantique, et maintenant bien importées en France, se multiplient, la musique n'est pas en reste. Pour le meilleur, comme pour le pire.


Si je parle de "cette génération", c'est parce que MAGDALENE, à la vue des crédits, semble être un projet collaboratif, de ces artistes (1), pour la plupart trentenaires, férus de production et issus de cette jeunesse qui a connu la mise à mort de l'analogique (et sa semi-résurrection), l’avènement du numérique, l'accessibilité de l'information, de la formation et de la production et qui ne s'encombre ni avec l'un ou l'autre, mais avec tout en même temps.


Bref. FKA Twigs si singulière physiquement, brille à tous les niveaux. Une auteure, compositrice, productrice, chanteuse, d’exception.


Un album accessible, étonnement homogène étant donné le nombre de co-producteurs, avec un côté glitch contemporain maitrisé (faut dire, le casting s'y prête). De la Glitch Pop, à mi chemin entre Sevdaliza et Charli XCX, mais qui ne manque pas de caractère.


(1) Nicolas Jaar, Arca, Koreless, Daniel Lopatin, Skrillex, Benny Blanco, Michael Uzowuru, Noah Goldstein

Ethyle
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 1 avr. 2021

Critique lue 217 fois

Ethyle

Écrit par

Critique lue 217 fois

1

D'autres avis sur MAGDALENE

MAGDALENE

MAGDALENE

7

PhilippeAllegre

1951 critiques

je ne voulais pas moi

En fait j'ai vu l'album depuis quelques temps mais je ne voulais pas l'écouter, je sais pas pourquoi, la pochette peut être, j'en sais rien. Bon après j'écoute pas mal de play list via mon site de...

le 29 nov. 2019

MAGDALENE

MAGDALENE

8

Ethyle

16 critiques

Un agglomérat de genres

FKA Twigs par ci, FKA Twigs par là ; ces couvertures d'albums à l'esthétique ... particulière (?), ce n'est que très tardivement que j'ai décidé de m'intéresser à cette artiste dont la notoriété...

le 1 avr. 2021

Du même critique

Solar Power

Solar Power

7

Ethyle

16 critiques

Comment lui en vouloir ?

Un album qui risque de ne pas faire l'unanimité. Et alors ? Un 180° au frein à main, c'est un peu ce que semble nous avoir concocté Lorde, comparativement à tout son univers antérieur. Après une...

le 20 août 2021

WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO?

WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO?

8

Ethyle

16 critiques

Un album synergique

C'est un album que j'ai trouvé solide, et ce, dès la première écoute. La production est soignée : minimaliste, basseuse, jouant avec la saturation (xanny), le pitch (8), des bruitages, les...

le 30 mars 2019

SOUR

SOUR

7

Ethyle

16 critiques

Quand tout sonne simple

Un album boudé par les nerds music des internets : une chanteuse qu'on pourrait a priori qualifier d'énième égérie-candide Disney pour gamines, quelques morceaux pop rock / pop punk seulement bons à...

le 16 janv. 2022