Vassafor existe depuis plus de vingt ans, même si l'essentiel des sorties du groupe est regroupé sur la période de 2005 à maintenant. A force d'enchaîner les EP et splits de qualité et ayant accouché d'un double album magistral en 2012, le fabuleux Obsidian Codex, Vassafor a réussi à s'imposer comme un des groupes les plus intéressants de la scène extrême néo-zélandaise. J'irai même plus loin dans mes assertions : Vassafor est pour ma part parmi ce qui se fait de mieux en matière de black metal actuellement.
Autant dire que cet album est sans doute la sortie que j'attendais le plus cette année.


Les fans reconnaîtront dès le premier morceau le style inimitable du groupe, cette identité sonore qui doit énormément à la production du leader Phil Kusabs. Un son à la fois extrêmement sale, brouillon pour les non initiés ; mais c'est en réalité le fruit d'un travail très méticuleux, ne laissant rien au hasard, tous les instruments trouvant parfaitement leur place au sein des morceaux.
Même si la musique de Vassafor repose énormément sur les riffs, la partie vocale n'est pas en reste et participe en grande partie à l'ambiance occulte qui y règne. Et Phil Kusabs étant également le bassiste du groupe, il a ses quelques moments de gloire avec ses « solos » caractéristiques.


Pour Malediction, on remarque que le groupe a mis une emphase particulière sur le travail des ambiances, avec des morceaux qui prennent le temps de s'installer, sur plus de dix minutes, avec intro et outro très inspirées des scènes dark ambient et indus.
A ce titre, on retrouve sur le premier morceau un passage assez original vers neuf minutes trente : une rythmique synthétique et martiale directement inspirée de la scène indus ; le passage est court mais ne passe pas inaperçu. C'est en quelque sorte la suite logique du précédent split, qui rendait hommage à Cold Meat Industry.


Deux des cinq morceaux sont plus expéditifs, misant plus sur l'efficacité, sans fioriture. On constate que Vassafor maîtrise toujours autant le riffing direct et accrocheur. La bestialité ressort davantage sur ces deux morceaux.


Malgré tout, Malediction reste pour moi un cran en-dessous d'Obsidian Codex. Peut-être parce qu'il est moins copieux, d'une part. D'autre part, je ne retrouve pas de titre aussi obsédant qu'Obsidian King, Archeonaut's Return ou Sunya (Void Paradox). Il faut dire que Vassafor avait vraiment tout donné sur cet album, qui fait également office de compilation de titres plus anciens.
Malediction n'en demeure donc pas moins une œuvre majeure de la scène extrême de cette partie du monde et du black metal en général, par un des meilleurs représentants du style. Et je gage que c'est un album qui grandira encore dans mon estime au fil du temps.


Nota bene : il est à noter que la version Iron Bonehead (K7 et vinyle) est différente de celle sortie chez Debemur Morti ; la première comporte le titre Servitude en troisième plage, alors que c'est Elegy Of The Accurser qui apparaît sur la seconde. Ce dernier figurait déjà en titre inédit que la compilation Invocations Of Darkness. Je n'ai pas trouvé d'info sur la raison de cette différence entre les deux éditions.


Tracklist de Malediction (version Iron Bonhead) :



  1. Devourer Of A Thousand Worlds

  2. Emergence (Of An Unconquerable One)

  3. Servitude

  4. Black Winds Victoryant

  5. Illumination Of The Sinister


Tracklist de Malediction (version Debemur Morti) :



  1. Devourer Of A Thousand Worlds

  2. Emergence (Of An Unconquerable One)

  3. Elegy Of The Accurser

  4. Black Winds Victoryant

  5. Illumination Of The Sinister


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Man_Gaut
8
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le 1 nov. 2017

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