Après Homebrew, que j’avais vraiment bien aimé, j’attendais ce troisième album de Neneh Cherry avec une certaine impatience. Pour moi, elle fait partie de ces artistes qui ont posé les bases d’une pop des années 90 à la fois accessible et intéressante. Donc forcément, les attentes étaient là.
Le début est plutôt convaincant. “Woman” fonctionne très bien en ouverture, avec un trip-hop solide et une interprétation toujours aussi maîtrisée. Il y a de bonnes choses ensuite, mais très vite le disque commence à partir dans tous les sens. Certains morceaux sentent la pop rock un peu facile, comme “Hornebeam”, avec un côté forcé qui ne sonne pas naturel. D’autres donnent l’impression de ne pas aller au bout de leurs idées, comme s’il manquait un peu d’ambition pour vraiment marquer.
Et au milieu de tout ça, “7 Seconds”. Là, rien à dire, c’est énorme. Un des grands morceaux des années 90, un refrain qui reste instantanément, une vraie réussite. Mais justement, il est presque trop fort pour le disque : il écrase tout autour et donne l’impression d’être posé là à côté du reste plutôt que de faire partie d’un ensemble.
Il y a quand même des moments solides. “Beastiality” marche très bien dans un registre plus minimaliste, “Carry Me” propose un trip-hop intéressant, et “Everything” retrouve un peu d’ambition sur la fin. Mais globalement, l’album reste trop dispersé. Les ambiances changent sans vraie logique, la qualité est irrégulière, et on perd le fil plusieurs fois en cours de route.
Au final, Man est un disque correct, avec quelques très bons moments, mais clairement en dessous de ce qu’il laissait espérer. Trop d’idées, pas assez de direction. Une petite déception.