À la sortie de Short n’Sweet, c’est unanime dans les médias : Sabrina Carpenter est la "nouvelle queen de la pop". Ses textes, "aussi drôles que profonds", ses clips "remplis de références pop culture", "prônent la liberté sexuelle des femmes et la confiance en soi" et s’adressent "à celles et ceux qui avaient besoin d’un renouveau dans la pop".
À la sortie de Men’s Best Friend, même unanimité… mais inversée : Sabrina Carpenter "s’hypersexualise", "se soumet au regard masculin" et ferait honte aux femmes. Ses paroles sont jugées "interdites aux moins de 18 ans", ses métaphores "n’ont pas besoin d’Hugo pour être décryptées". L’album est décrit comme "un paradoxe entre paroles libérées" et une image d’elle "qui fait kiffer les mecs".
Résultat ? Champ libre pour les haters, qui se ruent sur leur clavier pour écrire des âneries — comme toujours dès qu’il s’agit d’une femme. Sans écouter l’album, sans chercher à comprendre de quoi il parle. Ce qui les dérange vraiment ? Que Sabrina ose parler sans détour de ses relations avec les hommes.
Pourtant, mis à part Tears, on est loin des fameuses "lyrics interdites aux moins de 18 ans" — d’ailleurs plus légères que dans Short n’Sweet. Mais comme la cover de l’album était toute mignonne, presque innocente, ça passait mieux :)
Il a suffi d’une cover pour diaboliser son image et pénaliser l’album tout entier. Certes, une cover que je ne comprends pas non plus et que je trouve dégradante (je reste ouverte à toute explication sur son intérêt et son sens). Mais est-ce une raison suffisante pour discréditer tout le projet ? Ne réduisez pas l’album à trois couplets de Tears. Comme dans Taste et Man Child, elle finit par se débarrasser des hommes qu’elle fréquente.
En tant que femme, vous passeriez à côté d’un album qui raconte nos vécus et porte notre parole. Quant aux hommes cis : ce n’est pas à vous que l’on s’adresse, puisque c’est de vous dont il est question.
Une pochette ne fait pas un album. La preuve : Men’s Best Friend :).
PS : je cite uniquement Tataki, seul média dont j’apprécie (généralement) le contenu, sans rancune.