Mariah Carey a 20 ans en 1990, issue d’un milieu très modeste, marquée par un métissage qu’elle a souvent vécu difficilement, et par une enfance ponctuée de drames et de traumatismes.
Elle se fait remarquer en tant que choriste pour la chanteuse Brenda K. Starr. C’est cette dernière qui la présente à Tommy Mottola, futur manager… puis mari, producteur, mentor, et véritable force dirigeante derrière sa carrière naissante.
Tommy voit immédiatement en elle une chanteuse à voix capable de rivaliser avec la diva ultime de l’époque : Whitney Houston, qui a déjà bâti une carrière immense. La comparaison est donc immédiate, presque inévitable.
Mariah a écrit et composé une grande partie de cet album avec un ami d’enfance, durant son adolescence. En entendant la cassette, Tommy lui propose de revenir en studio pour réarranger entièrement les titres. L’objectif est clair : polir le son, rendre l’album plus pop, plus accessible, et parfaitement calibré pour l’année 1990.
Le résultat est un succès fulgurant :
4 singles numéro 1 aux États-Unis, plus de 12 millions de ventes dans le monde à l'époque et une entrée spectaculaire dans l’industrie pour un premier album.
La ballade pop vocale domine l’ensemble : Vision of Love, Love Takes Time, Vanishing (magnifique piano-voix), ou encore I Don’t Wanna Cry.
Mais l’album réserve aussi des surprises :
- Sa voix de sifflet impressionnante sur All in Your Mind,
- le très rock You Need Me (une rareté dans sa discographie, presque dans l’esprit de Black Cat de Janet Jackson),
- Le uptempo très typé 90s Prisoner, avec une petite partie rap façon Mariah,
- Someday, un excellent titre pop que j’adore, très « How Will I Know » à la Whitney Houston.
- There's got to be a way une impressionnante chanson à voix sur la tolérance dans le monde.
On ressent toutefois un certain lissage : Prisoner et Someday sont clairement adoucies, popifiées par rapport aux démos originales. Mariah accepte ces concessions, consciente que c’est le prix à payer pour devenir une star à seulement 20 ans.
C’est aussi un album de démonstration vocale, ce qui est logique : c’est le premier disque d’une artiste inconnue qui doit marquer les esprits et impressionner. Personnellement, je le préfère à Music Box.
La même année, une certaine Céline Dion sort Unison, son premier album anglophone. Mais 1990, c’était clairement l’année de Mariah, et la suite montrera que Céline connaîtra, elle aussi, son explosion mondiale… mais quelques albums plus tard.