Dés qu'on regarde la pochette, on sait que Sardou va sortir de quelque chose de totalement de son album précédent (La maladie d'amour) et il sait qu'il va créer la polémique. Avec ses lunettes en forme de viseur, est-ce lui qui est visé ou vise-il les autres ? A chacun son interprétation.
Pourtant, cette album commence par un titre plutôt doux avec "La vieille", qui donne une image assez négative pessimiste de la vieillesse, avec l'éloignement de sa famille, le temps qui passe, les décès et l'ennui qui se profile. Une chanson à mettre en parallèle avec celle de Jacques Brel "Les vieux", sorti en 63 mais qui est en totale contradiction avec "Les vieux mariés", venant de l'album précédent !
Puis vient une série de titres revendicatifs et provocateurs que ce soit avec "Je suis pour", intervenant pile durant le procès de Patrick Henry et pour lequel Sardou soutient de manière maladroite la peine de mort (chose qu'il conteste, Sardou préfère dire que la chanson représente la Loi du Talion). On trouve également d'autres titres dans ce même registre comme "Le France"( Le fameux bateau laissé à quai), "J'accuse" (une chason qui critique l'homme en général), "Le temps des colonies" ou encore "Je vais t'aimer" (un rapport sexuel, tout simplement).
Sardou ne se contente pas de provoquer, loin de là, il évoque notamment divers sujets comme le cinéma "La vallée des poupées", la science-fiction avec "W454", le suicide avec "Je vous ai bien eus" et avec le dernier titre, magistral, la franc-maçonnerie et la réincarnation avec "Un roi barbare".
Dans l'ensemble, il plane un aspect assez épique dans les différents compostions que ce soit avec des envolées lyriques, des cuivres, et quelques chansons divisés en parties bien distinctes bien dignes des années 70. Certains apprécieront, d'autres trouveront ces orchestrations un peu désuètes.
En tout cas, c'est un album qui marque un grand tournant dans la carrière de l'artiste et qui lui apportera sa popularité avec son lot d'aficionados comme de détracteurs...