Étant émotionnellement aussi démonstratif qu'une brique, lorsque mes filles m'ont annoncé notre présence au spectacle de Powerwolf, je suis resté de glace. Pas que j'étais indifférent, au contraire, toutefois, on dirait que lorsque je démontre ma joie, il arrive une merde. Et comme je voulais que ce moment soit spécial et grandiose, j'ai retenu ma fébrilité jusqu'au dernier instant. A la base, le plus grand stress qui venait avec cette soirée est sans contredit la foule. Génétiquement conçu pour fuir les gens, nous avons tout de même prit le chemin de l'amphithéâtre afin de voir si Powerwolf offrait une prestation à la hauteur de leur musique. La réponse est non seulement positive, de surcroît, ils ont surpassé ce à quoi nous nous attendions. Ce spectacle ayant lieu à Montréal au Canada, non seulement le chanteur nous a t-il offert une prestation pratiquement parfaite qui plus est, il nous a fait la conversation en français tout le long du show. Pour un allemand, faut le faire...


Au départ, ce groupe offre une musique heavy métal théâtrale flirtant avec le grandiose. Une voix qui, non seulement, va dans les aiguës extrêmes accompagnée par un métal puissant variant la rapidité, la lourdeur, la montée crescendo vocalement et instrumentale puis, une ambiance aux allures de messe où sont rassemblés les disciples. D'ailleurs, c'est ce que le chanteur nous disait avec un accent français adorable. Tellement, que l'idée de lui faire un câlin nous a traversé l'esprit. Il nous invitait à se joindre a la grande messe du heavy métal de Powerwolf...


Je dois cependant avouer quelque chose concernant le spectacle. Ma tête. Dans bon nombre d'événements, mon esprit est ailleurs. Il vogue ça et là au fin fond d'une angoisse de merde qui pollue le moment par son inutilité. Et cette fois ne fait nullement exception. Au tout début, mon corps y était sans que ma tête veule le rejoindre. C'est alors que j'ai prit une décision radicale. J'ai éteint ma tête. De tout. Carrément. Comme un ferme ta gueule mental et une claque derrière la tête. Je me suis dit: " Tu penses toujours, sans arrêt, chaque seconde . Prends une putain de pause. Tu le mérites. Vous le méritez.". C'est ainsi que je me suis libéré momentanément de la vie courante et que j'ai pu accorder toute mon attention au groupe. Pour une rare fois, j'ai écouté, j'ai ressenti, j'ai chanté, j'ai vécu le moment. Et déjà, juste ça, il n'y avait que Powerwolf pour me le permettre.


Vous comprendrez que mon incapacité à me laisser aller est trop souvent violée par un cerveau préoccupé par toute sorte de merde. Or, pour que je réussisse cet exploit, il me fallait travailler fort. Trop fort justement pour un moment de cette importance. Honnêtement, je me suis réellement taper sur la tronche pour y arriver. Et quel bonheur une fois dépassé ce conditionnement toxique . J'en ai vu quelques uns en spectacle. Metallica, Bon Jovi, Avenged Sevenfold pour faire court. Tous fameux dans leur créneau. Irréprochable. Jusqu'ici, Metallica avait réussi à remporter la palme. Toutefois, Powerwolf a rejoint le maître du métal pour 2 raisons principales. Premièrement, la conversation en langue française a un public francophone. Rares sont les artistes qui en tiendront compte, trop obnubilé par leur propre popularité ( déjà, je suis là, qu'ils mangent de la merde...). La deuxième raison et la principale concerne les notes hautes. Il y a toujours en live, une différence avec le disque. Surtout sur la haute voltige. Certains n'iront pas du tout, d'autres essaieront d'y aller un ton en moins. Ça se remarque. Ici, tout était pareil. Pas semblable. Identique. Il faut chier du talent, je crois, pour y arriver...


Enfin, pour un homme à l'esprit vagabond et au balai quelque peu enfoncé dans le cul, ils ont réussi à libérer ma tête. Puis, une fois focus, ils ont réussi à remporter la 1ere place en ce qui concerne la fidélité vocale et instrumentale de leur répertoire musical sous enregistrement. Fallait le faire.


Et je me demande, justement, si ce n'est pas là l'oeuvre d'une messe mystique ralliant non seulement le public à sa cause mais guérissant, du même coup, une hyperactivité mentale pour un instant.


Comme si c'était l'oeuvre de la magie du sorcier...

Créée

le 23 sept. 2024

Modifiée

le 23 sept. 2024

Critique lue 16 fois

Johnny B

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