Un ours aurait probablement rendu sa carte de la jungle après trente secondes de ce morceau tellement on a l'impression que Mowgli s'est perdu entre une liane, un Auto-Tune en roue libre et une boussole achetée dans une pochette surprise !
"Mowgli", premier single de PNL sorti en 2014, appartient au cloud rap mélancolique qui deviendra la marque de fabrique du duo. On y retrouve déjà les nappes aériennes, les basses profondes et cette ambiance cotonneuse qui cherche à créer une sensation d'errance. Sauf qu'ici, pour moi, la formule ressemble davantage à une pâte à crêpes oubliée sous la pluie : ça colle, ça traîne et ça ne décolle jamais vraiment.
La production reste minimaliste, avec une boucle qui tourne en rond comme un hamster ayant signé un CDI sur sa roue, tandis que la rythmique manque d'impact pour maintenir l'intérêt. Les voix d'Ademo et N.O.S., saturées d'Auto-Tune, semblent flotter sans véritable accroche mélodique, donnant l'impression que les paroles ont décidé de faire une sieste collective avant le refrain. Quant au texte, il installe déjà l'univers sombre, les références à la rue et à la solitude propres au groupe, mais rien ne parvient à me captiver : au lieu d'une immersion, j'ai surtout eu la sensation d'assister à une réunion de fantômes sous Lexomil où même Baloo aurait demandé un café bien serré pour rester éveillé.
Là où certains voient les prémices du style unique de PNL, j'entends surtout un morceau brouillon, répétitif et terriblement monotone. Les émotions semblent constamment étouffées par l'effet vocal, les idées peinent à décoller et les trois minutes paraissent durer une éternité. Pour moi, "Mowgli" est un démarrage raté, un titre qui ne possède ni l'impact, ni la mélodie, ni la puissance nécessaires pour donner envie d'y revenir. Bref, même le Livre de la Jungle a demandé à changer de bande-son en urgence.