Mule Variations
7.7
Mule Variations

Album de Tom Waits (1999)

Résumer une carrière n'est pas une chose très aisée, surtout quand la-dite carrière s'étend sur 30 ans et 12 albums, et quand en plein milieu de celle-ci Tom Waits a entreprit une des plus grande rupture de l'histoire de la musique... Le chanteur à la voix rayée comme un vieux disque vinyle est devenu, en lui-même, un hymne à la liberté et à la création artistique. Peu importe si son style vous plait ou pas, ce n'est même pas la question, ce qui importe, c'est qu'il fait ce qu'il veut, quand il le veut, où il le veut et qu'il emmerde les impératifs commerciaux sans même le revendiquer clairement, sans prendre la grosse tête... Contrairement à The Knife aujourd'hui par exemple. Il parcourt tranquillement son petit chemin, compose de manière impulsive, sincère et ne se place dans aucun mouvement musicaux...

Bref, Tom Waits n'est pas un génie sans nom, je ne sais même pas si je pourrais dire que c'est un mec formidable puisque je ne le connais pas (C'est bien dommage.), après tout, peut-être bien s'agit-il d'un salaud dans la vraie vie, comme nous le sommes un peu tous. Mais en tout cas, c'est un grand personnage, et un artiste d'une intégrité rare.

Un conseil maintenant, si vous voulez voir le portrait de Waits le plus complet possible, sans savoir à parcourir 12 longs albums, Mule Variations s'offre à vous. Vous aurez tout, les magnifiques ballades digne des premiers albums : "Hold On", "House Where Nobody Lives", "Giorgia Lee" ou encore "Take It With Me" qui résonnent comme la plainte lointaine de Tom Traubert.

Puis ensuite, "Cold Water", ce coup de guitare sec ! Ce blues sale ! Voilà le "Heartattack and Wine" annonciateur du schisme des années 80. Et Swordfishtrombone qui arrive tout logiquement dans un "Eyeball Kid" et ces percussions mortuaires qui peuvent aussi rappeler "Bones Machine". Et puis tout s'emballe, "Big In Japan", "Filipino Box Spring Hog", voilà les deux plus grandes chansons du disque, groove irrésistible, voix sale, production laissée volontairement à l'abandon, tout le talent de Waits y est contenu.

Premier disque de Tom écouté pour ma part. Il fut long à digérer. Mais aujourd'hui, avec enfin un peu de recul sur sa discographie, il s'agit peut-être bien d'un de ses meilleurs.
Erw
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le 30 juin 2013

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