Derrière "Murmuüre" il y a un seul type qui a été capable de produire "ça", il est français et il s'appelle "Felix" (comme le chat oui oui!). On entend souvent dire qu'en matière de metal français le sommet c'est "Gojira". Je sais pas trop...le death ça n'a jamais été ma came (même si je concède à ce groupe un certain talent), le black metal non plus d'ailleurs (à de rares exceptions). Mais, en réalité, tous ces gens là ont tort ! Ils n'ont jamais entendu ce chef d'œuvre unique : ni vraiment "black" metal, ni totalement ambiant, ni totalement progressif mais un peu toutes ces étiquettes qui fusionnent en un tout organique, hypnotique et envoutant.
En seulement 30 minutes à peine, "Murmuüre" album/projet unique vous engouffre dans un trou malsain et dense : on y voit rarement clair et on y respire à peine. L'ambiance est y est (très) noire, on avance en pleine forêt la nuit, parfois au milieu de décombres sinistres, la guitare tresse des motifs à mi chemin entre shoegaze, black metal, ambiant et psychédélisme, le tout est ponctué de moments aériens où on reprend sa respiration avant de sombrer de nouveau de plus belle. Il n'y a pas vraiment de "chant" (ce qui n'est pas plus mal si, comme moi, on a du mal avec les hurlements type "black metal" en général) seulement, parfois, des hurlements saturés à peine audibles qui se perdent au loin dans le magma sonore élaboré avec une minutie diabolique et un génie très rare.
En fait, "Murmuüre" est si unique qu'il n'aurait jamais pu être égalé par aucun groupe de "metal" français tant son sens de la progression (pas toujours très éloigné du classique), son approche originale et sa capacité à bousculer les barrières et les conventions en font une œuvre à part. Ce disque/projet solo n'a ni fiche wikipédia, ni fiche "allmusic" et n'est plus disponible en vente depuis bien longtemps à cause d'un vif succès couplé à une faible offre (500 copies au format CD). Son auteur, lui, après avoir laissé penser qu'il allait donner une suite à son unique chef d'œuvre a complètement disparu depuis.
Reste ce projet d'une obscurité étouffante, profondément atypique et fascinant dont chaque écoute semble de nouveau rappeler les démons d'une âme tourmentée à reprendre vie le cours d'un instant.
Intemporellement glauque.