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le 4 mars 2018
SuivreOpération à Kurt ouvert
Que tous les rageux du monde se donnent la main. Tous. Sans exception. Les haineux, les hargneux, les fielleux, les bavouilleux sauce vinaigre, les grinchouilleux logorrhéiques, les belliqueux...
Nul besoin de présenter cet album, il est connu de tous, même de ceux qui ne sont pas familier du genre. Il a popularisé le Grunge à l’échelle mondiale et a été élevé au rang de mythe depuis des années, plutôt ironique quand ont sait que Kurt Cobain cracher sur la gloire et refuser le succès.
Nevermind, littéralement "rien a foutre" représente bien Nirvana, sa musique et son état d'esprit. Dès les premières notes de gratte de Smells Like Teen Spirit, on sent l'envie de tout casser de la part des trois membre complètement dingues, nous donnant envie de les suivre dans leur folie furieuse. Qui n'a jamais bondi comme un dingue en hurlant le refrain comme un dératé en entendant cette chanson ? Personne j'imagine car c'est un putain de défouloir ! Pour le coup avec cette musique, tu la sens bien la haine et la rage primaire qui monte.
La suite de l'album ne relâche pourtant pas la pression, mais elle ne se contente pas non plus d'être une simple décharge d'adrénaline. Derrière la saturation crasse et les refrains hurlés, ont retrouve presque une sorte de mélodie pop, héritée de l'amour de Cobain pour les Beatles et les harmonies sucrées. C'est ce contraste qui rend le disque si fascinant : des couplets presque murmuré, fragiles, qui explosent soudainement en refrains cataclysmiques.
Et avec Come as You Are, Nirvana montre une autre facette plus insidieuse, presque hypnotique. La ligne de basse est entêtante, l’ambiance plus trouble, et Cobain y distille un message ambigu, entre invitation et rejet. Puis Lithium enfonce le clou avec cette dynamique devenue emblématique — calme / explosion — où la folie douce du narrateur oscille entre illumination et effondrement.
Ce qui frappe surtout à l’écoute de Nevermind, c’est son honnêteté brute. Il n’y a pas de pose, pas de sophistication inutile. La production de Butch Vig rend le tout plus accessible que Bleach, certes, mais elle n’édulcore jamais totalement la rage. Au contraire, elle la canalise pour la rendre universelle. Résultat : un album sale mais accrocheur, violent mais fédérateur.
Et puis il y a cette section rythmique monstrueuse. Krist Novoselic à la basse, toujours groovy même dans le chaos, et Dave Grohl qui cogne comme si sa vie en dépendait. Son jeu massif donne à chaque morceau une ampleur presque démesurée, transformant des chansons de trois accords en hymnes générationnels.
Au final, Nevermind n’est pas seulement un monument du grunge. C’est un disque qui a changé la donne, qui a fait vaciller le rock calibré des années 80 pour remettre au centre quelque chose de plus brut, de plus sincère. Ironiquement, en voulant “n’en avoir rien à foutre”, Nirvana a créé l’un des albums les plus marquants de l’histoire du rock. Un cri devenu éternel.
Bonus Cover : La couverture de Nevermind est d’une efficacité redoutable : un bébé nage vers un billet accroché à un hameçon. Image simple, presque pure — mais au message brutal.
L’argent comme appât. L’innocence déjà attirée par le piège. En un visuel, Nirvana résume le malaise véhiculé par l'album : une quête imposée, un système qui attire et dévore. Et l’ironie est totale — ce disque critique le matérialisme tout en devenant un produit culte mondial. Une pochette devenue symbole. Comme le cri qu’elle accompagne.
Créée
le 25 févr. 2026
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