Avec new avatar, Kelela ne se contente pas d'élargir son univers musical : elle le bouscule. Si le R&B reste au cœur de son identité, il se mêle ici à des guitares shoegaze, des textures rock, des rythmiques électroniques et des influences trip-hop qui donnent au disque une couleur bien plus abrasive qu'à l'accoutumée. Cette hybridation n'a rien de gratuit : elle accompagne un album traversé par la colère, le doute, le besoin de se réinventer et la volonté de trouver sa place dans un monde de plus en plus hostile.
Ce que j'apprécie le plus, c'est l'équilibre entre expérimentation et émotion. Kelela ne cherche jamais à impressionner par la complexité de ses arrangements ; elle privilégie les atmosphères, laissant sa voix glisser avec une étonnante douceur au milieu de paysages sonores parfois rugueux. Des morceaux comme Idea 1, Point Blank, The Bridge ou New Life Forms montrent à quel point elle est capable de faire cohabiter tension, sensualité et mélodies sans perdre en cohérence.
L'album demande toutefois un véritable investissement. Il ne multiplie ni les refrains évidents ni les morceaux immédiatement mémorables, préférant une progression plus diffuse, presque hypnotique. À force de retenue, certaines chansons finissent par se fondre les unes dans les autres et l'ensemble peut sembler moins marquant qu'il ne l'est réellement. C'est un disque qui se dévoile lentement, davantage par ses textures et son climat que par ses accroches.
Résumé
Une œuvre ambitieuse qui repousse les frontières du R&B en y injectant une énergie rock et une profonde intensité émotionnelle.
🎛️ Un album qui ne cherche pas à séduire immédiatement, mais qui révèle toute sa richesse à ceux qui acceptent de s'y perdre.