Iggy sortait de deux albums magistraux parus en 1977 où il était accompagné de son pote Bowie, « The Idiot » et « Lust for life », sans doute les meilleurs de sa carrière solo. Mais voilà, en 1979, David n’est plus là et l’Iguane se retrouve seul. Et au milieu des addictions, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce « New Values » manque d’inspiration. Il signe chez Arista, nouveau label créé par Clive Davis, ancien boss de chez Columbia, et s’embarque pour Los Angeles où il retrouve son vieux complice des Stooges, James Williamson (« Raw Power », « Skull City »…) qui, passionné d’informatique, va finir par quitter la musique et devenir un ingénieur réputé de la Silicon Valley dans les années 80. Il se laisse tout de même tenté par l’aventure que lui propose Iggy. Un autre Stooges se joint au groupe, si on peut dire, Scott Thurston, qui a traîné avec les crétins durant l’apocalyptique période post Raw Power, jouant de la basse et de différents instruments, comme de la harpe (!).
Un ami berlinois, Klaus Kruger (le batteur de Tangerine Dream !) fait office de maître du ryhtme. Jackie Clark, bassiste qui a joué avec Ike et Tina Turner, complète cet assemblage plus qu’hétéroclite. En fait, Williamson ne joue que sur quatre titres, cosignant "Don’t Look Down". C’est surtout Thurston qui joue de la gratte. Que peut-on sauver de cet album ? Pas grand-chose en vérité tant l’ensemble sonne assez plat, lorgnant parfois vers Bowie comme sur le bonus « Chains » et "How Do Ya Fix a Broken Part". Pour « Billy is a runaway », Iggy regarde un peu du côté des Stones. « I’m bored » décape bien et c’est sans doute le morceau à retenir. « African man » est une sorte de bizarrerie reggae-funk qui ne fonctionne pas vraiment. Sur "The Endless Sea", mister James Osterberg s’essaie maladroitement à la cold wave même si on est loin de Joy Division…Sans la direction artistique et les idées de Bowie, on sent un Iggy qui a du mal à se fixer un cap. L’album n’est pas désagréable pour autant mais Iggy entamait là une traversée du désert de pratiquement dix ans ( jusqu'à "Instinct" en 1988 ou « Brick by brick » en 1990).