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Point d'orgue
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le 21 déc. 2022
Membre de TANGERINE DREAM de 1971 à 1974 puis de 1976 et 1977 (après une année sabbatique qu’il a mise à profit pour méditer au Népal, laissant provisoirement la place à Michael HOENIG), Peter BAUMANN a activement participé à des albums qui restent parmi leurs meilleurs: Zeit (1972), Atem (1973), Phaedra (1974), Stratosfear (1976). En parallèle, il a amorcé une carrière solo, avec Romance 76 (1976), un coup de force qu’il ne parviendra jamais à égaler, ni avec sa suite directe mitigée Trans-Harmonic Nights (1979), ni avec les tentatives new-wave / synth-pop que sont Repeat Repeat (1981), The Russians Are Coming (1982, avec les SCHNITZLER père et fils) et Strangers in the Night (1983). Par la suite, la discographie de Peter BAUMANN se présente en pointillés: deux collaborations avec Paul HASLINGER (quant à lui membre de TANGERINE DREAM de 1986 à 1990) avec Blue Room (1992) et Neuland (2019), et les deux albums solo Machines of Desire (2016) et Nightfall.
Avec Machines of Desire, Peter BAUMANN s’était attaché à renouveler le style Berlin-School de son album Romance 76 (sans pour autant tomber dans le pastiche passéiste), fait de séquences d’une précision chirurgicale et de mélodies dépouillées, avec bien sûr des sonorités modernes mais aussi et surtout des rythmiques beaucoup plus marquées. Musicalement, il poursuit sur la même voie avec Nightfall. La plupart des compositions sont monolithiques, c’est-à-dire qu’elles démarrent sur un mode musical et n’en dévient pas jusqu’à la fin du morceau, ce qui bien entendu n’exclut pas la richesse des textures. C’est justement ce sur quoi reposait Machines of Desire, dont les mélodies semi-improvisées ne sont pas particulièrement marquantes. Avec Nightfall vient cependant une différence majeure: les rythmiques ont quasiment disparu, révélant une musique profonde à l’atmosphère beaucoup plus sombre. Le séquençage est rare et les sonorités organiques et réverbérées à l’extrême.
Et donc, concrètement, ça nous donne un album tout à fait valable, avec de très belles ambiances. L’évasion est presque instantanée avec "No One Knows" qui déroule une mélodie plutôt grandiloquente, avec un faux-air de musique orientale, qui s’achève brusquement et en porte-à-faux. La suite est ensuite beaucoup plus cryptique. Après les chœurs monodiques de "Lost in a Pale Blue Sky" et du morceau-titre surgissent les rythmes lunaires de "On the Long Road", rempli d’étranges sonorités surgies de nulle part, à l’agencement abstrus. Composée en mode de si, la mélodie de "On the Long Road" est très évocatrice et correspond bien au titre, malgré la fausse guitare qui est un peu hors sujet. En mode de mi, "From a Far Land" et "I’m Sitting Here, Just For a While" sont tout aussi réussis, similaires dans l’écriture mais avec des sonorités plus avenantes. Il y a aussi le cas de "A World Apart" dont la mélodie banale s’efface derrière l’atmosphère.
Si l’album semble monolithique, il n’est pas linéaire pour autant, les ambiances y sont évolutives voire cinématiques, "Sailing Past Midnight" par exemple démarre sur une mélodie à peine discernable et un séquençage incertain, qui se fondent dans une rythmique syncopée de plus en plus présente. Le morceau-titre reprend tous les aspects de l’album et tombe à pic pour le conclure, représentatif qu’il est de cette direction artistique à la fois hermétique et cohérente. Espérons que Peter BAUMANN n’attende pas six années supplémentaires avant de sortir un nouveau projet!
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DISCLAIMER: cette critique ne concerne pas le podcast en lui-même mais la nouvelle version du site SensCritique ici présent, et plus précisément une synthèse de mon vécu sur les versions successives...
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