Steve Lacy possède un talent évident. Après Gemini Rights et l'immense succès de Bad Habit, les attentes étaient immenses. Avec Oh yeah?, son troisième album studio, il choisit de poursuivre son mélange de R&B, rock alternatif, funk et pop sur un disque de 10 titres d'environ 40 minutes, largement écrit et produit par lui-même. On y retrouve également des invités prestigieux comme SZA, Erykah Badu et Cecile Believe.
Sur le papier, tout est réuni pour un grand album. Dans les faits, je reste franchement sur ma faim.
N'est pas Frank Ocean qui veut. Steve Lacy maîtrise parfaitement les ambiances, mais ici elles finissent par toutes se ressembler. L'album est sirupeux, mou, lent et souvent répétitif. Son côté introverti, qui faisait autrefois son charme, manque cette fois d'expressivité. J'attends des montées, des ruptures, des morceaux qui explosent... elles n'arrivent jamais.
Les productions sont pourtant très propres. Les guitares restent élégantes, les harmonies sont soignées et quelques titres, comme is it cool? avec SZA ou Pure Colour avec Erykah Badu, apportent un peu d'air à l'ensemble. Mais tout reste enfermé dans une même humeur contemplative qui finit par devenir monotone.
Je comprends pourquoi une partie de la presse salue ce disque comme son travail le plus personnel et le plus introspectif. Mais de mon côté, cette retenue permanente m'empêche de vraiment m'attacher aux morceaux. J'aurais aimé davantage de contrastes, de relief et d'émotions.
À associer avec une Kasteel Rouge. Une bière belge immédiatement séduisante, généreuse en sucre, aux arômes flatteurs de cerise... mais qui devient vite un peu lourde si l'on enchaîne les verres. Exactement comme cet album : agréable au départ, puis de plus en plus monotone à mesure que l'écoute avance.
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