Si tout le monde connaît Mike Oldfield grâce à Tubular Bells et Moonlight Shadow, il serait criminel d’occulter ses autres productions tant elles apportent une profondeur énorme à sa discographie et permettent de percevoir l’amplitude de son talent.
Ommadawn, troisième opus du (jeune) musicien, sort après le tsunami Tubar Bells et le moins accessible Hergest Ridge, est un véritable chef-d'œuvre musical qui incarne à la perfection la créativité et le génie de Mike Oldfield. Cet album est une symphonie progressive en deux parties, mêlant habilement des influences folk, celtiques et rock pour créer un univers sonore envoûtant et intemporel.
La première partie de l'album est une exploration très chaloupée de mélodies hypnotiques et de textures sonores chères à Oldfield. On reconnaît le son du bougre, ces envolées rapides sur un fond feutré aux teintes électriques, le tout au service d’un mysticime esthétique magnifique et apaisant.
On est déjà immergé par la beauté instrumentale, qui nous caresse pendant de longues minutes, quand vient le passage chanté qui achève de nous hypnotiser. On comprend rien, on chante le yaourt en concert, transi par cet enivrant mélange de nappes de claviers, de mélodie virevoltante et d’orgasme vocal. Le final clôt cette première partie en apothéose, avec cette tension monumentale rendue sublime par ces chœurs féminins à faire fondre les nuages. Exceptionnel.
La seconde partie, bien plus longue à démarrer et à se mettre en place, peine à retrouver la magie de la première. Ces interminables suites d’accords au début sont poussifs, et la partie celtique avec les instruments à vent le sont encore plus. Mais la fin, d’une beauté indescriptible, nous laisse un goût de perfection absolue. C’est quoi ce solo fantastique, cet accompagnement divin ?! On est au paradis, c’est magnifique !
Une petite ballade fort sympathique vient clore le chef-d’œuvre : On a Horseback, aux accents folk (évidemment) et où se mêlent voix parlée et chœurs d’enfants, pour un résultat guilleret toujours plaisant à écouter, même pour l’auditeur encore bouleversé par Ommadawn.