On the Beach
7.9
On the Beach

Album de Neil Young (1974)

1974, Neil est sur la plage, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a une grosse déprime. Deux amis morts connement, sa maison de disques qui ne veut pas publier "Tonight's the Night", dans lequel il a gueulé toute sa rage et tout son désespoir, et un horizon pas très clair qu'il scrute en vain : après le carton planétaire de "Harvest", Neil ne sait pas trop ce qu'il a envie de faire. Peut-être empaqueter un peu plus joliment, et modestement aussi son "blues", pour que Reprise (et le grand public...) ne remarque pas trop le dégoût qui suinte encore de ses chansons ? Oui, c'est ça, battre le rappel de bons musiciens, reconnus, chevronnés, pour faire - en apparence - exactement le contraire du blues et de la country déglingués de "Tonight's The Night"... mais - en réalité - enfoncer exactement le même clou. Le même clou dans le cercueil du rêve hippie, mort lamentablement dans les excès de drogues et dans l'irresponsabilité générale. Commencer le disque par un truc country qui rigole et rebondit en souriant, pour attraper les mouches avec du miel, avant de verser une dose de mélancolie glacée et une dose d'acide brûlant dans les chansons suivantes. Oui, de belles mélodies, chantées calmement, et des solos de guitare bien posés, pour faire croire que "Tonight's The Night" n'a été qu'un accident, et puis, quand l'auditeur ne s'y attend pas, balancer la purée : "j'ai tous envie de vous buter, dans vos grosses bagnoles"... souvenir de l'ami Charles Manson, ex-compagnon de jams et de fêtes, qui a sacrément dévissé (... mais qui est resté logique avec lui-même, non ?). Oui, super idée, un titre lénifiant ("sur la plage"), une pochette un peu arty et signifiante (une grosse bagnole ensablée, pourquoi pas ?), et des chansons qui avancent masquées, et qui vont filer un gros bourdon à tous les innocents qui espèrent encore un "Harvest Part 2". Du poison aux couleurs de bonbon californien. Ça devrait se vendre, mais surtout calmer les gars de chez Reprise, histoire de les convaincre de sortir enfin "Tonight's the Night", ce qui est quand même l'objectif, non ? Du coup, Neil a un méchant sourire en travers du visage. Dommage qu'il fasse si froid, sur cette putain de plage... [Critique écrite en 2016]

Créée

le 21 janv. 2016

Critique lue 1.3K fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 1.3K fois

24
7

D'autres avis sur On the Beach

On the Beach

On the Beach

9

Eric-Jubilado

6901 critiques

P... de plage !

1974, Neil est sur la plage, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a une grosse déprime. Deux amis morts connement, sa maison de disques qui ne veut pas publier "Tonight's the Night", dans...

le 21 janv. 2016

On the Beach

On the Beach

10

Winslow_Leach

63 critiques

Rituel de Haute Magie

Ceci est un disque. Un cercle de cérémonie parfait, minutieusement gravé d'un sillon creusé dans le sable. Mais ceci est tellement plus que cela. Au jeu cruel du "meilleur album ", puisque tout est...

le 4 févr. 2016

On the Beach

On the Beach

10

alexia123456789

18 critiques

Magnifique

M A G N I F I Q U E ! Pour moi sans conteste le meilleur album de Neil Young - bon bon bon bon bon bon bon bon bon bon bon bon à l'infini- revolution bluuuuues et surtout on a envie de se saper en...

le 27 juil. 2015

Du même critique

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

6901 critiques

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

le 15 sept. 2020

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

6901 critiques

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

le 29 nov. 2019

1917

1917

5

Eric-Jubilado

6901 critiques

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...

le 15 janv. 2020