le 20 juil. 2013
Reboot inavoué ?
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Il y a des albums qui sonnent comme des cris de rupture, d’autres comme des lettres d’adieu. Paramore (2013), lui, se présente davantage comme un journal intime d’après-tempête : lucide, un peu chaotique, parfois lumineux, parfois désabusé. Après le départ tumultueux des frères Farro, ce disque marque une nouvelle ère pour le groupe, mais surtout une quête de stabilité intérieure. Si tout n’est pas égal ni totalement maîtrisé, il s’en dégage une sincérité rare et une envie tangible de tout recommencer – sans oublier ce qui a été perdu.
L’un des aspects les plus frappants de l’album, ce sont ses paroles, à la fois directes et chargées d’émotion. Il y a chez Hayley Williams une manière bien à elle de mêler colère et lucidité, dérision et vulnérabilité. Le morceau “Now”, par exemple, sonne comme un manifeste : “If there's a future, we want it now” – un cri de volonté brute, presque désespérée, qui refuse de s’enliser dans le passé.
À l’autre bout du spectre, “Ain’t It Fun” adopte un ton presque moqueur, mais profondément amer, en s’adressant à quelqu’un (ou à elle-même ?) qui découvre le monde sans filet : “Ain’t it fun / Living in the real world?”. Derrière l’ironie mordante se cache une vérité douloureuse : celle de grandir, de s’affranchir, mais aussi de tomber.
Ce qui rend cet album attachant malgré ses longueurs, c’est ce sentiment de proximité émotionnelle. Dans “Last Hope”, Hayley chante “It’s just a spark, but it’s enough to keep me going” – une phrase simple, mais bouleversante dans ce qu’elle dit de la résilience fragile, de la survie à petit feu. Le thème du doute revient aussi souvent que celui de l’émancipation, comme si les deux étaient indissociables.
Même les titres plus légers en apparence, comme “Still Into You”, ne se contentent pas d’une pop romantique classique. Derrière son énergie sucrée se cache une vraie réflexion sur la durée des sentiments, sur ce que ça signifie d’aimer “malgré tout”, dans la tourmente et les années.
Si la richesse thématique et émotionnelle de l’album est indéniable, sa forme pêche parfois par excès. Les interludes acoustiques, bien que charmants, semblent superflus et cassent parfois le rythme. Et quelques morceaux (comme “Be Alone” ou “(One of Those) Crazy Girls”) manquent de profondeur, voire de pertinence, au regard de l’intensité émotionnelle de l’ensemble.
Mais il serait injuste de reprocher à Paramore (2013) ses expérimentations. Ce disque n’est pas lisse, et c’est précisément ce qui le rend humain. Il tâtonne, il cherche sa voix, il trébuche parfois – mais il avance.
En lui attribuant un 7.5/10, j’exprime autant mon admiration que mes réserves. L’album est trop long, inégal, parfois un peu flou… mais il est aussi sincère, audacieux, et profondément personnel. Il témoigne d’un moment de bascule, de cicatrisation, et d’un besoin vital de continuer à faire de la musique – autrement.
C’est un album de rupture, mais pas un album amer. C’est une renaissance bancale, mais courageuse. Et à bien y réfléchir, Paramore (2013) est peut-être le plus humain de tous leurs disques.
Créée
le 17 avr. 2025
Critique lue 4 fois
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