Ecrire une critique sur un album écouté, apprécié ou non, permet également d'apprendre plein de choses collatérale. J'ai écouté Penis Envy, en remplissant cette liste Face B, elle-même tirée d'une chronique de la Revue Dessinée.
Première chose que j'apprends : penis envy, c'est inspiré directement - et sans doute sardoniquement quand on s'intéresse aux paroles de l'album - de la théorie de l'envie du pénis mise en place par Sigmund Freud (qu'on ne plaisante plus), sensé être une étape du développement psycho-sexuel féminin. Théorie hautement contesté, d'ailleurs par les pairs contemporains et futurs de ce fameux Sigmund (qui avait sans doute, lui aussi, quelques problèmes à traiter dans sa tête). Mais cessons de resucer la fiche wikipedia, passons à l'album.
Crass est un groupe punk. Parlons déjà de ce premier aspect, il faut être honnête : le punk n'offre pas à mon oreille une qualité musicale suffisante pour que je l'apprécie complètement. On peut certes deviner des mélodies derrière le brouhaha batterie guitare basse crasseux, mais justement, cette impression de bordel permanent, bien que volontaire, ne rentre pas dans mes cases bien limitées.
Du point de vue des paroles, en revanche, je me sens beaucoup plus en phase. C'est du gauchisme radical. Féminisme, écologie, système sociétal limitant, diktats de la bienséance : tout cela me convient bien. Pas facile à assumer et c'est pour ça qu'on a besoin de la punk attitude pour nous rappeler qu'une autre voie est possible.
Pour exprimer, notamment, ce féminisme, Crass qui est un collectif a choisi que les chants de cet album seraient exclusivement féminins, avec les fameuses Eve Libertine et Joy de Vivre (seraient-ce des pseudos ?).
De la musique de manifestation, un défouloir dont je peux accepter d'être le témoin mais qui ne m'entraine pas suffisamment pour que j'y participe pleinement.