En tant que grand amoureux de piano, les albums d'Agnès Obel sont des cadeaux bénis des dieux. Dans leur registre - la pop folk intimiste au piano - on ne fait pas mieux, la chanteuse tricote un univers méticuleux, précieux, délicat, cotonneux, où l'on se sent bien, où la mélancolie côtoie la sérénité, la beauté pure et la tristesse. C'est à la fois lumineux et d'une profonde tristesse. Mais c'est sublime, avant tout.
Il n'y a pas grand chose à dire sur la musique de Philharmonics puisqu'elle est très répétitive et les morceaux plus ou moins interchangeables. Mais c'est justement cela qui fait toute la force de la musique d'Agnès Obel, la linéarité relative et l'homogénéité des compositions créent rapidement une atmosphère douce et hypnotique, comme coupée du monde, chaque chanson sonnant comme une simple et subtile variation de la précédente. C'est rassurant, c'est familier, réconfortant.
A titre personnel il y a un morceau que j'aime plus particulièrement, il s'agit de Close Watch qui est en fait une reprise de John Cale. Cet artiste est un peu sous estimé et Close Watch est une fabuleuse chanson mais pas forcément la plus connue du bonhomme. J'ai donc été agréablement surpris de la retrouver sur Philharmonics, dans une très belle version où le minimalisme intimiste d'Agnès Obel arrive à sublimer la mélodie en la dépouillant de la production légèrement surchargée de l'originale. Autant dire que mon estime pour Agnès Obel a grimpé en flèche en découvrant cette reprise : les artistes qui citent et rendent hommage à John Cale ne peuvent être que des gens biens.