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le 6 févr. 2026
Suivre« Piss In The Wind, Joji »
L’histoire :« Piss In The Wind » est le quatrième album studio de l’auteur-compositeur-interprète nippo-australien Joji, sorti le 6 février 2026, soit plus de trois ans après son dernier projet,...
L’histoire :
« Piss In The Wind » est le quatrième album studio de l’auteur-compositeur-interprète nippo-australien Joji, sorti le 6 février 2026, soit plus de trois ans après son dernier projet, « Smithereens ». Il s’agit de son premier album depuis son départ de son ancien label, 88rising.
L’album mélange un grand nombre de styles aux influences contemporaines, comme le R&B, la rage ou encore le shoegaze, pour ne citer qu’eux.
Les paroles :
Joji y aborde des thèmes comme l’amour à distance, les relations digitalisées, l’incapacité de tourner la page sur une relation passée, les amours déséquilibrées, l’individualité et l’identité personnelle, les relations intenses mais piégeantes, les espoirs mêlés aux incertitudes, ainsi que l’addiction et le confort temporaire lié à la cigarette, ou encore la reconstruction après une rupture.
Mon avis :
Joji est un artiste à la carrière intéressante : il passe de l’image du clown qui fait rire les gens à celle d’un artiste sérieux et sensible, engagé dans une démarche introspective, évoluant vers un univers plus sombre et plus triste. Sur la première partie de l’album, il s’éloigne encore davantage du hip-hop pour s’essayer au shoegaze, notamment dans « Love You Less », avec des inspirations rappelant My Bloody Valentine, à la pop indé sur des titres comme « If It Only Gets Better », ainsi qu’à la rage dans « Pixelated Kisses ». On retrouve aussi du R&B avec « Piece of You », puis une sorte d’UK Garage, voire de DnB, dans « Love Me Better ».
Ce mélange très fourni a toutefois tendance à se perdre par moments et installe une certaine confusion quant à la cohérence globale de l’album. Joji s’entoure néanmoins de featurings intéressants, avec la présence d’artistes comme Yeat ou Don Toliver, ce qui démontre l’ampleur qu’il a prise au fil du temps et sa volonté de se détacher de son ancienne image en consolidant une carrière plus sérieuse. Le point noir du projet est cependant l’éléphant dans la pièce : la durée trop courte des titres, qui excèdent rarement les 2 minutes 30. Cela rend l’album trop éparpillé, avec peu d’assise, et donne l’impression d’une compilation d’idées jamais totalement abouties. On a souvent le sentiment d’une succession d’interludes reposant sur le même schéma : de gros kicks, un développement très court, un chorus, puis on passe au morceau suivant, ce qui s’avère très frustrant.
J’ai aimé l’originalité de certains morceaux, comme « Last Of A Dying Breed », qui mélange un texte tragique à l’énergie d’une production rapide. Les productions distordues appuient l’univers pixelisé et donnent une direction mélancolique et explosive à l’album, notamment sur « Sojourn » et « Pixelated Kisses », avec un Joji qui pousse parfois sa voix dans des registres plus intenses.
En revanche, j’ai moins aimé la durée trop courte des titres, la redondance des patterns à partir de la moitié de l’album, ainsi que l’univers minimaliste instauré par certaines productions très simples, qui se contentent parfois d’une seule couche lo-fi, comme dans « Strange Home ». Joji aurait pu sacrifier quelques titres et en retravailler d’autres afin d’augmenter leur durée.
La seconde partie, beaucoup plus orientée hip-hop, perd en qualité et en originalité. À cause de cela, le grand nombre de morceaux donne l’impression d’une démarche mercantile maladroite, visant davantage à récolter des streams qu’à proposer un projet pleinement abouti.
Mes notes :
• PIXELATED KISSES : 7,5
• Cigarette : 6
• Last of a Dying Breed : 7,75
• LOVE YOU LESS : 7,25
• If It Only Gets Better : 6,25
• Love Me Better : 6,25
• Piece of You (featuring Giveon) : 6
• Hotel California : 6,25
• Tarmac : 5,5
• Forehead Touch the Ground : 5,75
• Past Won’t Leave My Bed : 7
• Fade to Black (featuring 4batz) : skit
• CAN’T SEE SH*T IN THE CLUB : 6
• Sojourn : 7,25
• DYKILY : 5,75
• Rose Colored (featuring Yeat) : 7
• Silhouette Man : 5
• Fragments (featuring Don Toliver) : 6,75
• Horses to Water : 5,25
• Strange Home : 5,25
• Dior : 5,5
Total : 6,26 / 10
Conclusion :
« Piss In The Wind » est une quatrième tentative d’étoffer l’univers du « clown triste » qu’est Joji, mais qui, dans ce cas précis, ne percute pas pleinement en raison de défauts trop importants, notamment des durées trop courtes et une redondance marquée, malgré un nombre de titres élevé. Le projet devient particulièrement décevant dans sa seconde partie, où l’on retrouve des productions très minimalistes manquant d’originalité, avec des mélodies souvent trop simples.
En conséquence, je ne recommande pas cet album.
Créée
le 6 févr. 2026
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