L’histoire :
« Wuthering Heights » est la BO de la nouvelle adaptation cinématographique du roman d’Emily Brontë, réalisée par Emerald Fennell. Charli avait expliqué que l’équipe du film avait commandé un seul morceau pour accompagner le long-métrage, mais, ayant apprécié le scénario et s’étant sentie inspirée, elle a décidé d’en faire un projet complet. Elle y parle beaucoup d’amour, dans un style de musique de cinéma avec beaucoup de violons et de violoncelles.
Les paroles :
Charli XCX parle dans cet album d’angoisse existentielle, d’amour intense, d’obsession amoureuse extrême, de relations étouffantes, de perte de soi dans une relation, de vulnérabilité et d’ouverture émotionnelle, de liberté. Globalement, elle fait référence au scénario du film et à ses premiers amours pour écrire ses textes.
Mon avis :
Charli XCX se sépare ici de son univers habituel pour s’essayer à une pop plus traditionnelle, avec des instrumentations très cinématographiques (violons, violoncelle, piano), mixées pour faire ressortir les textures des instruments, créant une ambiance acoustique et des montées de tension pour souligner l’atmosphère sombre du livre d’Emily Brontë, couplée à une voix très « processée » avec correcteur de note, qui contraste avec le côté naturel et coloré des cordes.
Ce qui me pose problème est justement ce mélange : cette voix trop parfaite et trop réverbérée, ainsi que des mélodies trop convenues et prévisibles, comme si l’on écoutait une musique de Disney ou des morceaux pop déjà entendus mille fois à la radio. Ce qui donne cependant son intérêt au projet est plutôt le mix, qui reste aéré malgré un grand nombre de couches et donne un côté puissant et grandiose à cette instrumentation pourtant simple. On traverse aussi beaucoup d’interludes, avec des titres courts et une absence de rythme.
J’ai aimé le titre d’introduction, explosif, avec ces textures de cordes grinçantes et la voix éreintée à travers ce mur sonore qui devient une basse épique, ainsi que l’utilisation de vrais instruments qui délivrent des nuances complexes.
J’ai moins aimé les paroles relativement niaises, un côté pop trop basique et sans grand intérêt, des mélodies trop classiques, des bonnes idées trop peu nombreuses, des titres qui donnent souvent l’impression d’être de simples interludes, et l’absence de la personnalité musicale de la chanteuse britannique, qui nous a habitués à des projets moins impersonnels.
Mes notes :
House (feat. John Cale) : 8
• Wall of Sound : 5,5
• Dying for You : 5,75
• Always Everywhere : 5,5
• Chains of Love : 5,25
• Out of Myself : 6,75
• Open Up : 4
• Seeing Things : 7,25
• Altars : 4
• Eyes of the World (feat. Sky Ferreira) : 6,75
• My Reminder : 3,75
• Funny Mouth : 6,5
Total : 5,71 / 10
Conclusion :
Charli XCX nous a sorti une bande originale très peu originale. La chanteuse, qui nous avait habitués à des compositions hyperpop plus travaillées et plus expérimentales, propose ici un projet mou et sans personnalité. Cela s’explique certainement par les contraintes du film : il fallait coller au matériau de base, mais, de ce fait, on ne ressent pas vraiment la patte de l’artiste.
Je ne recommande pas l’écoute de cet album.