Cet album, c'est L'Influence majeure de tout le mouvement de free-jazz qui va suivre. Sors en 1956, et c'est quelques années plus tard, en 1960, que Ornette Coleman sortira ce qui passe à juste titre pour être le manifeste musical de ce mouvement étrange d'émancipation totale qu'est le free jazz, avec un album justement nommé « Free Jazz », pour double quatuor de jazz (avec Hubbard, Cherry, Dolphie, Coleman, je vous passe les détails de la tuerie).
Phitecantropus Erectus, c'est avant tout un précurseur comme l'on en fait plus. Presque 5 ans avant, il y avait tout. En mieux, si j'ose dire, car il structure son morceau (le premier, éponyme), par des chorus qui vont petits à petits en se désagrégeant pour atteindre un paroxysme « free » lors des refrains.
Mais outre le caractère précurseur monstrueux sur un plan musical, il faut bien voir aussi le paralèle incroyable que l'on peut faire avec l'émancipation des noirs. Sans vouloir dire de bêtises, Rosa Park ce doit être en 63. Il est très amusant d'observer à quel point le jazz est un phénomène de lutte des noirs, et à quel point l'histoire du jazz épouse les courbes sinueuses de la lutte des noirs pour leur émancipation. Avec un sommet dans les années 60, en parallèle justement au free jazz.
L'histoire qu'il raconte, celle de l'Homme, de la Vie, est absolument superbe, et arriver à faire passer une histoire par le biais de la musique instrumentale seule, c'est déjà en soi un exploit.
Sinon, sur un aspect purement physique, cet album est une folie. De composition, de la part de Mingus évidemment, quelque chose de génial, c'est là son aspect le plus frappant, mais aussi d'improvisation de la part des musiciens. Les lignes mélodiques claires qui vont en se brouillant, à l'image des harmonies, le processus qui se développe, se transforme, la forme rondo du premier, mais aussi l'imitation des bruits de la ville dans Foggy Day, et j'en passe et des meilleures, autant de raisons d'aduler ce qui est sans aucun doute l'un des dix meilleurs albums de l'histoire de Jazz.
Adobatard
9
Écrit par

Créée

le 23 déc. 2011

Modifiée

le 23 sept. 2012

Critique lue 1.4K fois

Pithecanthropus Erectus

Pithecanthropus Erectus

9

MingusOhYeah

le 12 juil. 2017

Suivre

Une immense pierre à l'édifice du jazz.

Contexte: Je suis à New York. Je parcours la ville avec un objectif précis: trouver LE magasin de disques. Après quelques essais à Greenwich Village, je me souviens subitement d'une boutique dont...

Pithecanthropus Erectus

Pithecanthropus Erectus

10

xeres

le 24 juil. 2025

Suivre

Critique de Pithecanthropus Erectus par xeres

The Charlie Mingus Jazz Workshop – Pithecanthropus Erectus – 1956Souvent les gens se posent la question : « Alors, Charles Mingus, il est free ou pas ? » Un peu comme s’il stationnait en zone...

Mon oncle

Mon oncle

10

Adobatard

le 12 mai 2011

Suivre
Dernière modification

le 15 sept. 2012

Critique de Mon oncle par Adobatard

Dans Mon Oncle, tout est affaire de confrontation. Confrontation de deux mondes coexistants mais obéissants a leurs règles propres. Confrontation entre l'amour de Tati pour une époque se terminant et...

Mother

Mother

4

Adobatard

le 17 sept. 2012

Suivre
Dernière modification

le 23 sept. 2012

Critique de Mother par Adobatard

(Attention, spoil) Mother avait tout pour me plaire. Un film qui a réussi à se frayer une place dans le top 111 en peu de temps Un film d'un réalisateur que j'aime beaucoup (pour The Host, mais...

Rosetta

Rosetta

2

Adobatard

le 26 août 2011

Suivre
Dernière modification

le 23 sept. 2012

Les malheurs de Rosetta

Rosetta est une fille normale. Alors Rosetta commence par perdre son emploi. Puis Rosetta est disgracieuse au possible, avec un prénom atroce : Rosetta. Rosetta a une mère alcoolique, à moitié...