Bon, il existe une version « digest » en un CD de ce live : oubliez-la, elle contient moins de titres dont certains raccourcis pour loger sur un CD !!! On parle bien ici du double album intégral sorti après 4 albums studio qui ont marqué l’histoire du rock. Ce live a mauvaise réputation car, de l’aveu même de Peter, il a été en grande partie réenregistré en studio. Mais c’est le cas de la plupart des albums live et Gabriel a au-moins le mérite de le reconnaître à la différence de beaucoup d’autres vedettes qui trifouillent leurs bandes en studio, ajoutant ceci, corrigeant cela, poussant le son du public pour que ça fasse plus chaleureux…Tout en vous affirmant la main sur le coeur que "Non, bien sûr, le son n'a JAMAIS été retravaillé! Il faut préserver sur disque l'énergie brute que nous apportent les fans!". Ouais, ça, on l'a entendu un paquet de fois, non?! 🙄. On sait bien que dans la plupart des cas, c'est impossible car il y a forcément des petites (grosses?) erreurs qui se glissent, des problèmes techniques ou un public un peu endormi, ce qui oblige à retravailler les bandes des concerts en studio, réenregistrer des voix ou des parties instrumentales pour qu'elles soient audibles, chez soi, tout simplement. Et je ne parle même pas des "faux live" sur lesquels le public a été purement et simplement ajouté plus tard pour "faire comme si" !!!
Ces titres ont été enregistrés sur la tournée 1982-83 au Royaume-Uni, quand Peter était devenu sous son propre nom une grosse vedette. Pas facile de rendre en public, la plupart des morceaux incroyables de ses albums studio et la complexité des arrangements. Donc, pour cette tournée, Peter en vient à une formule très rock, peut-être plus simplifiée, avec un groupe resserré autour de lui : Jerry Marotta à la batterie, l’immense Tony Levin à la basse, Larry fast aux claviers et bien sûr David Rhodes aux guitares. C’est musicalement très bon, avec des versions qui tiennent le coup par rapport à celles de studio. C’est le cas de "I Don’t Remember", "The Family and the Fishing Net", "Not One of Us" ou encore "San Jacinto" toujours fascinante. Les tubes prennent une énergie nouvelle avec l’apport du public, « Solsbury Hill », « Shock the Monkey », « I have the touch », « Biko » en fiévreux final, sont fantastiques. Au rayon des un peu moins réussis, « No self-control » trop pépère par rapport à l’original. Sur l’entraînant « I go swimming », Peter descendait dans le public serrer des mains. Un bon live qui dépote, même largement « retouché », on peut juste regretter qu’on n'ait aucun film de ce concert. Quand on sait l’importance du visuel chez Gabriel, c’est dommage.