Et si le génie de New Order était d'avoir su opérer l'improbable synthèse des musiques tant du passé que celles en devenir ? Power, Corruption & Lies, enregistré en automne 82 sort le 2 mai 1983, date située à la confluence du punk, du disco (révolus ?) et de l'électro à venir. Avec le recul, on sait maintenant comment ce dernier spécimen pop prendra de l'ampleur dans la hype. En digne précurseur, New Order, trace la voie, dessine le sillage sur lequel les sonorités futures déclineront leurs mélodies.

Les 8 titres de l'album formulent des modulations tantôt rapides et enjouées tantôt lentes et mélancoliques, à l'image de ce à quoi pouvait ressembler le climat (météorologique et social) mancunien d'une énergie juvénile menacée par le conservatisme thatchérien et d'une côte anglaise arrosée par les pluies venant d'Irlande. La musique et la danse comme refuges communautaires ou actes de résistance désenchantée sont ici incarnées et

modelées par des lignes de basse sous une perfusion chargée d'ecstasy et des riffs de guitare aux éclats discrets et vibrants. Il y a aussi cette écho ténébreux de batterie qui hante plusieurs morceaux : présence spectrale de Joy Division ou survivance de l'empreinte Siouxsie and the Banshees ? Le tout baignant dans le ciment souple et aérien de nappes de synthétiseur intelligemment inspirées de Kraftwerk.

On cite souvent, et à juste titre, Age of Consent et Your Silent Face comme les morceaux phares qui amorcent chaque face de l'album. Le premier, sur la face A, impulse un emballement sans cesse remis en question. Le second, sur la face B nous entraine vers une destinée plus sombre et désespérée. Il faut tout de même ajouter à ces 8 titres chantés ou instrumentaux, un single mythique enregistré parallèlement : Blue Monday (et sa face B the Beach) qui ne sera pas intégré à l'album mais qui aura fait retentir son marteau piqueur dans les discothèques durant toutes les saisons estivales des années 1980.

Mehdisc
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 21 avr. 2025

Critique lue 34 fois

Power, Corruption & Lies

Power, Corruption & Lies

8

Seijitsu

le 17 août 2015

Suivre

Vers la new wave et l’au-delà !

Movement fut un testament en l’honneur de Ian Curtis, qui se suicida peu avant la sortie du meilleur album de son groupe : Closer. New Order était donc encore profondément affecté par la mort de leur...

Power, Corruption & Lies

Power, Corruption & Lies

8

Procope

le 26 mai 2012

Suivre

Critique de Power, Corruption & Lies par Procope

"Movement", premier disque du groupe, semblait avant tout une tentative pour élargir la palette sonore de Joy Division ; "Power" est celui qui leur donne l'occasion d'expérimenter, de définitivement...

Power, Corruption & Lies

Power, Corruption & Lies

10

Mehdisc

le 21 avr. 2025

Suivre

Post punk vs pré electro

Et si le génie de New Order était d'avoir su opérer l'improbable synthèse des musiques tant du passé que celles en devenir ? Power, Corruption & Lies, enregistré en automne 82 sort le 2 mai 1983,...

Reading, Writing and Arithmetic

Reading, Writing and Arithmetic

10

Mehdisc

le 8 mai 2025

Suivre

Here where the story has begun

A l'aube de la dernière décennie du 20ème siècle, deux voix se sont distinguées au sein de la sphère alors relativement restreinte du rock indépendant. La première qui venait d'Islande n'a plus...

Power, Corruption & Lies

Power, Corruption & Lies

10

Mehdisc

le 21 avr. 2025

Suivre

Post punk vs pré electro

Et si le génie de New Order était d'avoir su opérer l'improbable synthèse des musiques tant du passé que celles en devenir ? Power, Corruption & Lies, enregistré en automne 82 sort le 2 mai 1983,...

Closer

Closer

10

Mehdisc

le 13 avr. 2025

Suivre

Spleen idéal

Avec Closer Ian Curtis sublime un mal être qui est le sien ou que d'autres perçoivent. Le résultat est envoûtant. Âmes dépressives s'abstenir... à moins que l'exutoire soit salutaire.