Le mur.

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Et si, dans un genre lui-même terré au fin fond des abysses de la musique, existait encore un sous-genre si obscur que même les fonds marins n’auraient rien à lui envier en termes d’underground ?
C’est un tel statut qu’occupe la harsh noise wall.
Genre """""popularisé""""" (comptez bien les guillemets) par Romain Parrot, aka Vomir, résumant son esthétique en ces termes : « Pas d’idée, pas de changements, pas de développement, pas de divertissement, pas de remords. » En d’autres termes, « littéralement, un mur monolithique de bruit cohérent, indéfectible et enveloppant. » Comprenez la harsh noise wall comme un genre musical frôlant la parfaite neutralité, à l’esthétique si abstraite qu’il est déjà bien abstrait d’en voir des albums sur SensCritique.

En voici donc son représentant le plus emblématique. Le seul album de harsh noise wall que le profane connaîtra jamais, son désir de passer à autre chose l’ayant saisi dès la fin (voire même avant) de la première des 76 minutes que représente cet exercice.
Pas de mélodie, ni le moindre rythme. Pas plus de trois notes ultra hachées dans une boucle à peine fluctuante répétée pendant une heure et quart. Un supplice pour les uns. Une extase pour les autres.
Extase est un mot bien fort, mais le sentiment est si indescriptible qu’aucun terme n’y saurait mieux seoir. Entre un mélange d’apaisement et de tourment, d’harmonie et de trouble, d’immobilité et de convulsion.

Il n’y a rien d’autre à dire sur un tel bloc de son indéfinissable mais pourtant si parfaitement neutre. Cet album n’est ni une blague ni un coup de génie, mais à sa manière, il est parfait. Et par là même, il est impossible à noter.
Mérite-t-il 1 ? Non, sûrement pas. Mérite-t-il 10 pour autant ? Certes non. Mérite-t-il une quelconque note entre les deux ? Pas sûr... Alors la moyenne.

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