Après des activités de producteurs et de nombreaux featurings pour des artistes aussi prestigieux que SBTRKT, Kanye West, Solange ou Drake, le musicien londonien Sampha prend le temps de se poser et d’explorer son propre univers avec un premier disque époustouflant de maitrise et de grâce.
Sampha apprend le piano dès l’âge de 3 ans mais sera aussi bercé par les disques de hip-hop de ses grands frères. Cette double culture musicale transparait dans Process, un premier album solo qui sort après de nombreuses activités de producteur et chanteurs pour d’autres artistes.
Le londonien met tous ses talents de producteur dans ce disque. Si parmi les 10 chansons certaines sont très dépouillées et dans un registre très mélancolique, certains titres oscillent vers un r’n’b aux arrangements électro comme on en a pu en entendre chez James Blake ou SBTRKT (que Sampha a produit).
C’est le cas des 3 premiers morceaux qui nous en mettent plein la vue niveau musicalité. Plastic 100°C dévoile très délicatement ses chœurs sur fonds d’arpèges de kora et d’effets électroniques tandis que Blood on me met en avant sa rythmique assez proche de Massive Attack époque Blue Lines. L’électronique est toujours accompagnée d’une ligne de piano ou de sons plus acoustiques. C’est la richesse des compositions de Process. Sampha joue des mélanges de sonorités en maitrisant parfaitement le rendu final.
Certains titres laissent eux toute la place au piano et la voix (et quelle voix!) de Sampha. (No one knows me) Like the piano et Take me Inside jouent la carte de l’émotion avec classe. Les talents de chanteur de l’anglais viennent hisser ce travail de composition encore plus haut. A la manière d’un James Blake, le chant de Sampha est emprunt d’une émotion pleine de mélancolie. Délicate et nuancée, elle permet même aux morceaux plus « produits » de dégager une émotion vive qui correspond au contexte d’écriture du disque (Sampha entame la conception de l’album après le décès de sa mère).
Un premier disque de rnb élégant, moderne et intime.