Thandi Ntuli With Carlos Niño – Rainbow Revisited – (2023)
Encore une nouvelle actualité International Anthem, cette fois-ci c’est un duo formé par la Sud-Africaine Thandi Ntuli qui joue du piano, des synthés, du Tongo, une variété de tambour, et qui chante également, en compagnie du discret percussionniste Carlos Niño, que nous connaissons bien.
La pièce d’ouverture, « Sunrise (In California) » ne concerne que la seule Thandi Ntuli qui chante accompagnée du seul piano. La pièce est belle, la voix fluide et un peu timide est portée par un jeu de piano très mélodique. L’impression n’est pas véritablement jazz, sinon dans quelques tournures pianistiques, c’est davantage un album de chansons qui se dévoile, petit à petit, à nos oreilles…
La seconde pièce est le morceau titre, le chant toujours, qui puise davantage aux racines, à la répétition, et se teinte de couleurs bleutées du meilleur effet, particulièrement avec ce jeu de piano presque déstructuré, ou plutôt difficile à anticiper, riche de surprises bien qu’obéissant aux lois rythmiques, une sorte de diablerie se cache par là…
La courte pièce « Breath and Synth Experiment » semble transitoire, mais elle contient du field recording et un jeu sur le rythme des respirations du duo, qui glisse vers l’expérimental, au son des vagues qui s’écrasent sur la plage, puis cède la place à « Nomayoyo (Ingoma ka Mkhulu) », une ballade qui pourrait être enfantine, avec ce je ne sais quoi d’universel, pour les grands et les petits : elle a été écrite autrefois par le grand-père de Thandi.
La face deux s’écoule de façon semblable, Thandi Ntuli ouvre la face avec une ballade au piano et Carlos Niño poursuit sa discrète démarche, dans les intervalles, les petites touches dans le lointain qui apportent un sentiment de profondeur dans le son. Il apparaît que ses interventions sont postérieures à l’enregistrement, comme un ultime ornement, une coquetterie de l’après.
« Voice And Tongo Experiment » voit Thandi se saisir de son instrument de percussion pour accompagner la voix quelques minutes… « The One » s’articule en deux parties, la voix accompagnée du piano, chante sans paroles une sorte de scat mélodique fort en émotion, une prestation live. L’album se referme sur « Lihlanzekile » pour se quitter gentiment.
Pour l’anecdote, Carlos Niño est crédité aux « plantes » (si, si...), et la pochette est créditée à Shabaka Hutchings, dont on connaît le penchant pour la musique Sud-Africaine.