Encore un groupe de jeunes blancs-becs qui fait une musique que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. A moins que finalement la new wave, née à la fin des années 70, suite au cataclysme du punk, puisse perdurer au delà de sa date de péremption. C’est ce que veulent nous démontrer toute une génération de nouveaux groupes auxquels se rattache désormais Twisted Charm. Les Anglais font une musique exécutée dans son jus avec un son à peine modernisé par rapport à l’époque : des guitares à la Buzzcocks ou the Fall et surtout un saxophone (remis au goût du jour depuis Radio 4) qui renvoie à l’énergie débridée de Madness ou des Specials (Never grow older).
La vision de la party chez Twisted Charm, est quelque peu oldschool, loin par exemple des Klaxons, malgré ça et là quelques synthés pouvant renvoyer à la mode New Rave. Et ça marche, d’autant plus quand certains titres ressemblent à de dangereux précipités entre une allégresse sourde et une urgence à sortir dardar de sa zone (Boring lifestyles). Appartenant à la middle-class de province Rusden dans le Northompstonshire, Twisted charm a choisi la musique comme moyen d’évasion. On est en cela loin de Joy Division et son nihilisme noir. Depuis Blur, aucun groupe n’avait paru si profondément anglais. Frais, culotté et Angleterre oblige, avec un soupçon d’ironie (London scene).