Un collage chirurgical de membres déchiquetés, de visages tuméfiés, de corps dégradés par la maladie... Le ton est donné. L'auditeur sait déjà ce qu'il en retournera lorsqu'il osera poser l'oreille sur ce monstre musical qui, par la suite, engendrera d'innombrables rejetons dans les scènes death/grind ou goregrind.
Musicalement, le profane pourra se sentir attaqué par un mur sonore sans queue ni tête, là où l'initié aux musiques extrêmes jouira auditivement dans ce chaos de 22 morceaux s'enchainant à une vitesse supersonique.
Car si la musique faite de guitares abrasives, de riffs difficilement distinguables les uns des autres, de solos chaotiques, est aussi sale que la pochette, le tout est porté des textes malgré tout intelligibles (bien qu'incompréhensibles sans le livret), par des mots issus d'on ne sait quelle revue médicale. Mais la force de ce disque tient surtout dans son atmosphère. On se sent vraiment coincé sur le billard d'un chirurgien sadique, prêt à exercer son savoir médical pour nous transformer à l'image de la pochette.
Avec ce premier album, les Anglais n'ont pas atteint le sommet de leur discographie, mais ont indubitablement marqué l'Histoire du metal et convaincu (et convaincront encore) bon nombre d'amateurs de musiques extrêmes.