Alors la question posée en titre a plusieurs réponses:
- Moyens techniques limités à l'époque en Colombie (d'où un réenregistrement en 2023)
- Scène metal extrême sud américain centrée sur le Brésil (Sarcófago, Mystifier, Sepultura...)
- Distribué par un label certes culte (Osmose Productions), mais jeune et en manque de moyens en 1991
- Tournées en Amérique latine uniquement (plus maintenant) ce qui restreint fortement la diffusion en Europe + US
- Globalement un focus Europe + US de la part des fanzines/presse spécialisée, principaux moyens de diffusion de la scène dans les 90s
On a donc un album qui reste assez niche en dehors des cercles spécialisés, mais putain qu'est-ce que ça envoie !
L'instru est à dominante thrash avec des riffs bien agressifs, simples, efficaces et reconnaissables.
Toutefois, ça ne se contente pas de nous livrer des riffs tranchants et headbang friendly à répétition (même si ça gère cette partie très, trèèèèès bien) !
En effet, on a divers emprunts d'éléments répandus dans le metal extrême.
Il y a notamment du chaos via blast + guitare non mélodique, des passages brièvement doomy avec basse marquée + lourdeur + lenteur + riffs avec peu notes, quelques solos (pas trop, merci) + moments de guitare plus mélodique et même un peu de black avec du guttural strident sur fond de blast + tremolo picking.
Cette hybridation est plus que réussie avec un dosage parfait des éléments susmentionnés !
Elle est de plus complétée par l'impressionnant guttural d'Alex Okendo, qui alterne entre caverneux et screeching avec une aisance remarquable.
Il y a aussi des intro bien agressives avec des riffs lents et frontaux, et ça même après plus de 10 ans à écouter du metal je ne m'en lasse pas <3
Enfin, la violence transmise par cet album n'est malheureusement en rien performative.
C'est un témoignage direct et cru de la vie sous la menace du crime organisé à Medellín (avec Escobar à l'époque)... un témoignage qui prend aux tripes autant qu'il donne envie de se jeter dans la fosse.