Une route de campagne, la nuit. Trajet retour du festival de la BD d’Angoulême. Complètement rincé. Au volant, mon meilleur ami.
Ensemble, nous avons découvert Massive Attack, Portishead, Tricky. Ensemble, nous avons mûri avec le trip-hop des années 90. Ensemble, quand nous étions les derniers debout dans les fêtes, nous éteignions les lumières et la soirée avec Angel. Ensemble, nous avons entamé les premiers trajets de nuit d’un permis de conduire encore frais avec Mezzanine.
Pour cette journée ensemble, j’ai amené le nouvel EP de Massive Attack, Ritual spirit. Six ans après Heligoland. Le premier à découvrir ensemble depuis 100th Window.
Les trois premières chansons ne sont qu’une agréable introduction. Nous retrouvons le son, l’ambiance, mais ce qui nous intéresse, c’est l’âme du groupe. Elle arrive à la quatrième et dernière chanson, Take It There : Massive Attack et Tricky. Le frisson des deux premiers albums du groupe, Blue Lines (1991) et Protection (1994), n’est pas qu’un fantôme. La voix éraillée et vénéneuse d’Adrian Thaws, aka Tricky, le réveille.
Aucun mot n’est échangé. La nuit se rétrécie autour de nous. L’habitacle est un cocon. La grandeur mélancolique de Take It Here provoque gravité et bien-être.
Plus de quinze ans s’effacent dans la nuit. Ensemble, nous revivons Massive Attack.