Rocéphine
-
Rocéphine

Album de Thomas Belhom (2012)

Avec Rocéphine, Thomas Belhom s'affirme comme un auteur majeur dans un voyage musical qui s'abroge de tout style. Un album qui exhale personnalité, émotion et créativité.


J'ai déjà eu la chance de voir Thomas Belhom en concert. En solo, derrière sa drôle de batterie, véritable attirail qui semble être rassemblé pour lui seul, l'homme arrivait à exprimer une sensibilité hors-normes dans, un set à fleur de peau, original et touchant. Le batteur n'hésitait pas à jouer d'autres instruments pour finalement créer en mode mineur, une musique majeure. Avec Rocéphine, on retrouve sur disque ce sentiment ressenti en concert.


Belhom est homme à explorer. Il y a là des morceaux chantés (avec notamment A Meaning Shoveful of Promises interprété par Stuart Staples des Tindersticks), des instrumentaux, des ébauches ; des harmonies sublimes, des dissonances à la limite ; des embruns de l'Ouest, des brises de l'Orient ; des vides, des pleins. Chaque morceau ressemble à un prototype s'émancipant même d'un genre musical donné. Comme Angil and The Hiddentracks, il a été marqué par Robert Wyatt. Il semble aussi pouvoir alimenter son écriture de différentes sources, Rocéphine est donc un album folk mais qui intègre en filigrane jazz, musique expérimentale, musique de chambre, musique indienne, sur Exploration, musique plus typiquement française avec un accordéon mélancolique. Un morceau comme Ciel ne semble venir d'aucun endroit connu sur terre, on hésite entre un jazz new-yorkais, une mélopée japonisante, un post-rock chicagoan ou un spleen de Paris.


Pour cela, fort de ses expériences de groupe (Amor Belhom duo ou Tindersticks), Thomas Belhom fait entrer dans son univers quelques amis musiciens histoire d'étoffer sa musique sans pourtant perdre sa fragilité. Il y a par moments un tuba, un trombone, un début de fanfare de l'ombre donnant du corps à Rue de l'Espérance, donnant de la hauteur sur Dans ma maison aussi poignant que du Dominique A. Chanson bouleversante s'il en est, L'avancée en moi évoque Thomas Méry, un autre songwriter qui arrive à faire se coïncider écriture, à fleur de peau et recherche formelle. Avec tout ça, on n'en oublierait presque que Thomas Belhom est aussi un batteur exceptionnel !

denizor
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs albums de 2012

Créée

le 7 sept. 2015

Critique lue 89 fois

denizor

Écrit par

Critique lue 89 fois

1

Du même critique

Oiseaux-Tempête

Oiseaux-Tempête

8

denizor

1605 critiques

Critique de Oiseaux-Tempête par denizor

Le monde appartient aux ambitieux et Oiseaux-Tempête ne nous propose pas un simple voyage post-rock mais une véritable Odyssée dans une musique qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Album après...

le 10 janv. 2014

36 quai des Orfèvres

36 quai des Orfèvres

2

denizor

1605 critiques

Critique de 36 quai des Orfèvres par denizor

Ce film est un imposture. Au moment de sa sortie, la production avait capitalisé sur le passé de flic d'Olivier Marchal pour nous vendre le film comme "ultra réaliste", montrant de l'intérieur les...

le 1 févr. 2016

Pain Is Beauty

Pain Is Beauty

8

denizor

1605 critiques

Critique de Pain Is Beauty par denizor

Il est amusant de voir la promo de Chelsea Wolfe ramer pour définir la musique de la demoiselle : « drone-metal-art-folk » tel est le genre-valise utilisé pour catégoriser la musique de l’Américaine...

le 28 oct. 2013