Linda, la femme de Paul, était décédée en 1998 des suites d’un cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs années et Paul très affecté s’était alors concentré sur sa famille et ses enfants. Ne voulant pas avoir la pression de l’écriture de nouveaux morceaux, il décide pour son prochain album de reprendre des vieux rocks qu’il connaît sur le bout des doigts, entouré d’une bande de musiciens de confiance : David Gilmour qu'il connaît déjà pour avoir joué avec lui sur des albums des Wings, comme « Back to the Egg » et « Give My Regards to Broad Street ». Geraint Watkins et Pete Wingfield sont aux claviers ainsi que Chris Hall à l'accordéon. Il invite aussi les batteurs Ian Paice de Deep Purple et Dave Mattacks de Fairport Convention. L’enregistrement est rapide et a lieu dans le cadre familier des studios d’Abbey Road, avec l’ancien complice du temps des Beatles, Geoff Emerick, comme ingénieur du son. Le résultat est plaisant, on sent le plaisir que Macca a pu prendre dans cet enregistrement spont ané et sans prise de tête qui le ramène à ses racines rock’n’roll. Certains morceaux sont des standards à l’image de « Blue Jean Bop » et « All Shook Up ».
Mais surtout, Paul a la bonne idée de piocher dans des morceaux moins connus, et ça, ça évite la comparaison avec le « Rock‘n’roll » que son pote John avait sorti en 1975 : «Brown Eyed Handsome Man » n’est pas la chanson la plus célèbre de Chuck Berry ; quant à « No other baby », chantée à l’origine par Dickie Bishop and the Sidekicks en 1957, c’est loin d’être un classique des fifties. Et pourtant, Paul nous en donne des versions fraîches et énergiques. C’est donc un album indéniablement sympathique à défaut d’être incontournable. En revisitant sa jeunesse, Paul retrouve goût à la musique et ça va lui permettre de partir en tournée en 2002 avec un nouveau groupe (à part Wix, déjà là en 1989 et 1993). Et Paul est toujours avec ces mêmes musiciens en 2025 !