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Trop d'émotions
J'ai toujours été un fan de musique électronique, j'aime chercher, fouiller, dénicher le son le plus expérimental possible, c'est même devenu un gag entre copains : "Sérieux, comment on peut écouter...
il y a 7 jours
J'ai toujours été un fan de musique électronique, j'aime chercher, fouiller, dénicher le son le plus expérimental possible, c'est même devenu un gag entre copains : "Sérieux, comment on peut écouter ça ?"
Je creuse, je cherche... Puis des fois, on tombe sur des perles rares, comme cet album de Susumu Yokota, qui est rapidement devenu un classique dans ma discographie.
C'est en puisant dans ses vieux vinyles et ses vieilles cassettes que Susumu Yokota nous a réalisé l'un des plus beaux albums de musique électronique du 21ème siècle. Sakura est un album de musique électronique surfant sur l'ambient, le Lo-Fi, voire même l'IDM, paru en l'an 2000 et rattaché au style plunderphonique. "Sakura" signifie cerisier en fleurs en japonais, et c'est un concept très attaché à la philosophie du "Mono no Aware", c'est-à-dire cette sensibilité de l'éphémère, du temps qui passe, des choses qui meurent. On a alors l'impression de flotter au beau milieu de nos souvenirs d'enfance, qui s'effacent au fur et à mesure du temps.
Sakura est un ovni dans le répertoire de Susumu Yokota : le Japonais est plutôt connu pour ses morceaux techno entraînants, mais il nous livre ici un album intimiste, d'une douceur absolue, à écouter en boucle pour s'endormir ou pour se remémorer les beaux souvenirs d'antan. L'album s'ouvre avec Saku, un arpège de guitare tournoyant qui nous fait rêver et nous transporte dans une enfance typiquement japonaise qu'on n'a pourtant jamais connue. Il est suivi par Tobiume, qui est un monument du répertoire de Yokota : la référence absolue de l'ambient music, une boucle céleste qui nous rappelle ces cerisiers en fleurs tant décrits par le disque.
Je ne vais pas m'arrêter sur tous les titres de l'album, mais je suis obligé de faire un arrêt sur Kodomotachi qui est, à mon sens, la piste la plus réussie de Yokota. Avec Kodomotachi, on arrive à imaginer des enfants qui jouent dans une cour d'école sous la pluie, ou des éclats de rire lointains figés dans le temps. La magie de ce morceau repose sur des voix d'enfants samplées et répétées comme des mantras, soutenues par une ligne de basse et de pianos ultra-douce et des cliquements hypnotiques. C'est le sommet d'émotion de l'album : écouter kodomotachi, c'est accepter de se faire dévorer le coeur par l'émotion, sans jamais que ça devienne lourd. Et je peux vous dire que kodomotachi remet en doute tous tes choix, tout ce que tu as fait jusqu'a présent, tant tu réfléchis à ta vie.
Disparu tragiquement en 2015, Yokota nous a laissé avec Sakura une œuvre hors du temps, une bulle d'air pur dans un monde qui va beaucoup trop vite. À tous mes potes qui me demandent encore comment j'arrive à écouter des sons bizarres : écoutez Sakura, posez votre casque sur les oreilles un soir de pluie, et vous comprendrez.
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il y a 7 jours
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