On devient adulte. Non, on devient indépendant lorsque le recours aux parents n'est plus nécessaire. Surtout au niveau financier. L'adulte peut chercher conseil, réconfort, mentorat auprès de ses géniteurs. Toutefois, on s'entend pour dire que l'enfant qui se débrouille par lui-même s'inscrit dans la catégorie homme ou femme ( et me faites pas chier avec les entre-deux). Cela s'applique au niveau scolaire, religieux, au travail.. Tout le monde aime pouvoir compter sur une figure sécurisante. Face à l'adversité, chacun cherchera à être accompagné pour faire face. C'est d'ailleurs le cas en ce qui concerne la religion. On s'attend a ce que dieu nous sauve...
La tentation est forte de tout laisser entre les mains de notre bon seigneur. On se dédouane de notre sort en espérant gagner notre ciel sans faire trop d'efforts morales. Une bonne action sporadiquement et le paradis nous accueillera les bras ouverts. On parle à l'entité de temps en temps ( se donner bonne conscience) puis on continue notre bonhomme de chemin. Dieu et sa miséricorde nettoiera notre merdier et on pourra aller s'asseoir sur un nuage. Tout est bien qui fini bien.
La naïveté avec laquelle les brebis égarées se lavent les mains de leurs actions est surprenante. Dieu ( s'il existe) n'en a rien a chier de ta gueule de merde. Et même si c'était le cas, il aurait à jongler avec des enjeux beaucoup plus grands que ta petite personne qui a joué l'imbécilité. Enfants malades, guerres, catastrophes naturelles... Et le comble du ridicule réside dans l'évidence qu'il n'agit même pas pour les problèmes précédemment cités. Alors comment croire qu'il ferait du cas par cas en ce qui nous concerne ? On répond que c'est la foi la clé du trésor religieux. Pas de problème. Mais juste un petit miracle, là, maintenant. Le monde part en couille. L'occasion serait bonne. On nous dit qu'il est partout, omniprésent et que ses voies sont impénétrables. Aucune difficulté à le croire puisque à chaque conversation que j'ai tenté d'avoir avec lui , jamais je n'ai eu de réponse. On serait en droit de se demander pourquoi je lui parle si je semble, par le sarcasme, douter de son authenticité. Je crois à " quelque chose ". Sans trop savoir quoi...
Le problème, et la chanson le dépeint admirablement, se situe surtout au niveau du pôle contraire. On nous a, avouons-le, lavé le cerveau depuis longtemps avec les conditions sinequanone pour faire partie du cercle divin. Bien peu peuvent se considérer blancs comme neige. Donc, plusieurs questions se posent intérieurement face à nos agissements. On pourrait en évoquer une en lien avec la pièce. Suis-je satanisé ?
J'ai souvent dit faire partie des gentils. Cependant, je sais pertinemment que j'ai de lourds travers qui ( jardin secret) pourraient se traduire par le péché. Il est possible que je sois une bonne personne, toutefois, moi aussi, par moment, je ressens le désir d'arracher une tête, de voler une banque , bref, de faire du dommage ou de franchir certaines limites. Le débat prend alors forme car le comportement déviant se situe sur une zone grise. Mon péché correspond- il a une simple bifurcation d'une trajectoire menant à la rédemption ? Dois-je plutôt comprendre que je commence à devenir "satanisé ", plongeant vers le côté obscur ayant décidé d'écouter le démon sur mon épaule. Celui qui se bat contre le petit ange vêtu de blanc sur l'autre épaule ? J'aurais une hypothèse personnelle sur la question.
L'équilibre, selon moi, correspond à la capacité à demeurer à l'intérieur des médianes " trop" et "pas assez ". Tant et aussi longtemps que la vie ne me fait pas trop chier, que je peux gérer l'affliction de manière relativement sereine, je reste sur le chemin tracé par le seigneur. Par contre, si on m'annonce le décès d'un proche, qu'on ajoute une séparation douloureuse et que par dessus tout ça, je me fais tabasser dans une ruelle avec séquelles en prime, possible que les fils se touchent. Cette décharge électrique dans le cerveau aura des répercussions. On pourrait être effectivement tenté de basculer vers l'ombre. Je l'ai maintes fois répété concernant un enfant qui meurt. Peu importe lequel. Aussitôt , je m'invite chez Satan et on élabore un plan pour détruire le monde et possiblement l'univers complet si je suis en forme. Aucun doute probable. Ça va chier de partout, ça va saigner, brûler, mes les plus innocents vont payer le prix de ma douleur. Ghost chante justement ce changement de garde, cherche la cure sans la trouver, bascule vers l'ange déchu plutôt que de demeurer avec le petit bonhomme blanc. Il le sent, s'en excuse, doute, puis assume en confirmant le flip du blanc au noir ( rouge, je préfère dire rouge). Trop tard maintenant. Si je n'ai pas pu trouver Dieu, j'irai voir du côté de Lucifer...
Ghost a une couleur. De là réside sa force. Quelqu'un d'une beauté moyenne devient attirant s'il arrive à être original, excentrique, différent, bref, qu'il détient sa propre couleur. On peut ne pas aimer le groupe, toutefois, on ne peut nier qu'ils ont leur identité propre. Et, par dessus tout, avec eux, on joue toujours habilement à se tenir à la frontière des deux entités mentionnées plus tôt. Alors ... Ghost. Satanisé ou pas?