chronique écrite en 2009


Chapelier Fou a tenu parole : il a dit qu'il sortirait un nouvel EP avant la fin de l'année et il l'a fait. En 2010, ce sera l'album et il y a prévoir qu'il ait encore des surprises. Et si Louis Warynski, son vrai nom, le remplit de nouvelles chansons, on pourra dire que Chapelier Fou est vraiment prolifique. Finalement, cela marche plutôt bien pour le musicien : un engouement certain de la critique et du public, une distribution dans certains pays d'Europe. On n'en attendait pas tant venant de quelqu'un affublé d'un pseudo improbable (tiré d'Alice aux pays des merveilles) faisant une musique instrumentale avec un violon entouré de machines. Et pourtant, le charme a parlé et ce deuxième EP vient entériner que Chapelier Fou à une place particulière entre classicisme et modernité. Tout le talent du Français vient toujours de cet équilibre entre instrument acoustique et machines, entre petits sons enfantins et programmations qui structurent l'espace (ou le dé-structurent en bon élève d'Autechre). Chaque chanson ...oh musique (lapsus révélateur) semble raconter une histoire. Pour cela, chapelier Fou utilise son violon en composant de vrais thèmes (dans un esprit presque slave sur Scandale)


en y ajoutant des pizzicati mis en boucle, un piano et créant ainsi un univers apte à réveiller un imaginaire (capitaine Fracasse, Doolings hands). Chapelier Fou a toujours ce coté brique à braque de Yann Tiersen profondément humain. L'électronique et la sampling participent à cette édification comme adjuvant essentiel. Parfois kitsch sur l'enlevé et Scandale (proche de l'esprit Boutique Chic de Concorde Music Club), mais le plus souvent mélancolique, la musique d'ailleurs n'a même pas besoin de violon et l'électronique se suffit à elle-même, à se demander si Chapelier Fou n'a pas encore progressé dans ce domaine. D'ailleurs, le meilleur morceau de cet EP, Animaux flexibles, ne joue que sur une ambiance électronica entre programmation torturée et sample cinématique. Le dernier Postlude joue sur une joie printanière mais met en avant un violon un peu trop sirupeux, comme si Chapelier Fou montrait par l'exemple le faux pas dans lequel l'artiste et son violon aurait pu tomber et qu'il a donc parfaitement évité sur maintenant deux EPs. Ce qui nous fait dire qu'il est vraiment fortiche, ce Louis.

denizor
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le 7 sept. 2015

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