Seul
6.6
Seul

Album de Eddy Mitchell (1966)

L’arrivée d’un certain Pierre Papadiamandis

En 66, Eddy est lassé du rock (il y reviendra quelques années plus tard en allant rocker à Nashville), le country rock aussi. Il se dirige lentement et sûrement vers un style plus soul-rhythm’n’blues sous influence d’Otis et de James Brown en mettant les cuivres bien en avant mais en n’oubliant pas non plus les guitares. Eddy se concentre sur des morceaux originaux plutôt que des adaptations de grands classiques du rock et de la country et il fait donc appel à Guy Magenta, Éric Charden, Jacques Revaux et surtout de Jean-Pierre Bourtayre. Et surtout cet album marque l’arrivée dans son univers de Pierre Papadiamandis avec qui l’entente va être telle qu’ils vont travailler ensemble jusqu’à la mort de ce dernier en 2022, plus de 50 ans de collaboration. Ce duo a signé des tubes à la pelle (quelques 200 chansons au compteur, qui dit mieux ?!!!) et quels tubes, des merveilles qui ont marqué l’histoire de la chanson française ! Eddy a souvent raconté qu’il avait besoin des musiques de Pierre pour lui inspirer des textes. Papadiamandis prend donc ses marques dans cet album et c’était le début d’une magnifique amitié. Et ce dernier lui offre les mélodies de 2 tubes, rien que ça ! D’abord la chanson « Seul » superbe et encore meilleure « J’ai oublié de l’oublier ». En présentant cette dernière sur scène lors de sa tournée 2000, Eddy racontait que ça n’avait pas été un bide mais pas loin quand même, cependant c’était la chanson qui leur avait permis de se rencontrer. Une chanson sur le souvenir d’un amour passé mais qu’il est impossible d’oublier, du grand Eddy. On comprend qu’il vient de trouver le complice parfait de ses « crimes » futurs !

On en rajoute encore un avec « Société anonyme », chanson toujours d’actualité 60 ans après, bien vu, signée Ralph Bernet et Guy Magenta, encore un classique. « L’épopée du rock » possède de superbes cuivres bien étincelants et fait une sorte d’état des lieux du rock des fifties aux sixties, rendant hommage aux artistes qu’il admire (Chuck Berry, Jerry Lee, Buddy Holly, Eddie Cochran et même les Beatles !). Ca, c’est pour le meilleur, car du mauvais, il y en a, et du sacrément : le même duo Bernett-Magenta a signé une nullité absolue avec «Au temps des Romains », un des plus mauvais titres d’Eddy mais «La Damnation de Faust », signée Eric Charden, ne vole pas bien haut non plus. C’est un album qui ressemble à des montagnes russes, on monte très haut pour redescendre très bas sur quelques titres seulement mais la voie était désormais tracée pour un duo qui allait exploser dans les années 70 avec une série d’albums magnifiques. Ici, on en a les prémices.

JOE-ROBERTS
7
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le 13 nov. 2024

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