Herbie Hancock – Sextant – (1973)
Et voici « Sextant », dernier volet de la trilogie, avant la plongée vers « Head Hunters » qui présente l’autre face de Herbie Hancock. Pourtant cet album est déjà une sorte de tournant, non pas véritablement artistique, puisqu’il prolonge d’une certaine façon « Crossings », mais parce qu’Herbie est contraint de changer de maison de disques, passant de « Warner Bros. Records » à « Columbia », c’est que les ventes n’épousent pas la courbe convoitée.
« Sextant » conserve le côté plus ou moins expérimental qui est le fil de son avancée artistique, ainsi les synthés gagnent encore, et se marient avec les cuivres, le bon groove et l’électricité. La basse de Buster Williams et la batterie de Billy Hart constituent toujours le socle imperturbable et indéfectible, « Rain Dance » fait la part belle aux synthés et quelques habiletés dues au bon Dr. Patrick Gleeson épicent cette danse de la pluie, ce dernier introduit également un poil de facilité lors de l’évolution de sa contribution, mais la suite donne encore davantage de consistance à l’album, grimpant les échelons un à un.
Avec l’arrivée de la seconde pièce « Hidden Shadows » Herbie prend les choses en main lors d’un fabuleux solo, la tension monte encore, mais il faut retourner la face pour atteindre à ce qui ressemble au Nirvana des amateurs du genre, avec l’extraordinaire « Hornets », qui probablement peut prétendre au titre de sommet de la trilogie. C’est long mais pas trop, un peu moins de vingt minutes, on aurait aimé que ça dure encore et encore, mais il faut bien se satisfaire de ce met de choix…
On retrouve sur cette pièce la mixture type qui nous est offerte dans ces trois albums, avec l’influence pleine et entière de Miles Davis en matière électrique, offrant même quelques brisures rythmiques typiques de Miles. Il faut souligner également le trompettiste Eddie Henderson, à son sommet, qui balancent des riffs qui zèbrent l’espace, Julian Priester et Bennie Maupin sont également au top, seule petite ombre peut-être, des synthés sans doute un peu vieillis, mais chacun se fera son idée…
Trois classiques du jazz-rock dus au magicien des claviers qui ne s’arrêtera pas là, même si ce n’est pas toujours pour le meilleur…