Groupe au départ inclassable et aventureux (classé dans le « glam rock » un peu par défaut), Roxy Music en 1975 en est à son 5e album. La bande à Brian Ferry connaît son affaire et la maîtrise d’ailleurs de mieux en mieux. On est tout de suite happé par cette pochette fascinante, une de leurs plus réussies avec celle d’« Avalon » : c’est Jerry Hall, alors petite amie de Ferry, qui pose sur les rochers, dans le rôle de la sirène (c’était avant qu’elle ne le quitte pour un certain Mick Jagger). Superbe. La musique de l’album perd son côté plus aventureux pour un virage de plus en plus marqué pop, mais de grande qualité, les musiciens connaissant leurs classiques sur le bout des doigts. L’efficacité est donc maximale et l’album va cartonner grâce à des titres marquants comme « Love is the drug » qui l’ouvre, invitation irrésistible à danser ou encore « Both ends burning », funky en diable. Les ambiances Art Rock reviennent en introduction de « Sentimental Fool » : Guitares distordues, ambiances éthérées aux claviers. Progressivement, et assez habilement il faut le dire, le titre se transforme en chanson langoureusement, typique de la nouvelle image du groupe. Mais cette fois, Mackay, Manzanera et Jobson sont nettement plus présents pour y ajouter des moments plus Rock progressif. Une vraie réussite. Plus sombre et agressif, « Whirlwind » revient quelque peu, sous l’impulsion de Manzanera, aux titres Rock des débuts. Ferry, lui, se fait de plus en plus crooner pop. Roxy Music est devenu un groupe branché, classe et sexy. Plus question ici des folies du débuts avec Brian Eno, non, rien ne dépasse. Tout ça est maîtrisé jusqu’à la production hyper soignée et qui claque. Alors c’est vrai que les fans de la 1ère heure ont passé leur chemin en se bouchant le nez, mais le succès a été énorme et allait amener le groupe vers les sommets commerciaux de « Avalon » en 1982.