Dave has lost the (High)way
La note de 5 peut paraître sévère pour un album tel que Sonic Highways. Il aurait même pu obtenir plus, vu ma générosité actuelle pour les albums rocks récents, qui entretiennent en moi l'espoir que ce genre musical n'est pas mort au profit de la musique véhiculée par le mainstream ambiant.
Mais voilà, Dave Grohl avait fait naître de trop grandes espérances avec cet album "concept": avec Sonic Highways, c'était le voyage garanti aux quatre coins des Etats-Unis, pour nous faire profiter de la variété musicale de ce pays, nous faire découvrir de nouveaux horizons. Accompagné d'une série (signée HBO, c'est pas rien) montrant les coulisses de la production de l'album, Foo Fighters se posait en prophète d'une époque révolue, où la musique prime l'argent, le talent est supérieur aux nombres de vues sur YouTube.
Avec des villes comme Chicago, Seattle, ou encore La Nouvelle Orléans... ça promettait !
Lors de la première écoute, je m'attendais donc à être transporté d'un lieu à un autre à chaque chanson. Et c'est exactement tout le contraire qui s'est passé. Foo Fighters fait du Foo Fighters, le son est paresseux, la production est trop lisse (merci Butch Vig, tu te permets de massacrer le successeur d'American Idiot pour Green Day, et tu récidives avec le successeur de Wasting Light), aucune chanson ne sort vraiment du lot. Un peu faiblard.
En plus, j'ai toujours eu un peu de mal avec Foo Fighters. Les chansons du groupe démontrent incontestablement qu'il y a du talent derrière, mais les mélodies ne sont pas tellement accrocheuses, les suites d'accords sont parfois bizarres, la sonorité n'est pas toujours au rendez-vous (comme avec Queen Of The Stone Age). Je m'attendais donc à une musique plus épurée, pouvant exploiter au maximum les capacités et les influences de chaque ville traversée, mais rien ne transparaît lors de la première, seconde, troisième écoute...
C'est vraiment dommage, Foo Fighters étant aujourd'hui les derniers ambassadeurs d'un style qui se veut mourant. Sonic Highways n'écorne en rien le capital sympathie énorme dont jouit Dave Grohl, mais il n'assoit pas pour autant la réputation du groupe. A voir en concert pour se faire une idée définitive de ce disque.