Après un Wasting Light très réussi, la bande à Dave revient avec un album concept seulement composé de 8 titres. Sonic Highways propose pour une fois une superbe jaquette avec ses "8" dissimulés un peu partout dans cette ville fantasmée. Pour cette nouvelle réalisation, les cinq gaillards se sont associés à l'ami Butch Vig à la console. Au travers de 8 villes emblématiques de l'histoire du rock US, les Foo se sont imprégnés de l'ambiance locale pour enfin effectuer leurs enregistrements dans 8 studios chargés d'un passé prestigieux.
Si le concept peut sembler excitant, on se rend vite compte que l'album demeure très homogène dans sa réalisation. Pire, cet ascenseur créatif anesthésie en partie l'identité du groupe qui accouche de morceaux très moyens manquant cruellement d'inspiration. Quand l'hommage asphyxie la création. Même les guest invitées pour l'occasion, personnalités renommées dans le milieu, n'arrivent pas à exister dans cette suite de titres sans vrais tubes.
Mis à part les deux premiers morceaux qui sentent bon les FF, le reste s'enlise dans un rock sans ambition, qui frôle trop souvent le rock à dady. Lignes de chant sirupeuses dans What did i do, chant poussif et sans relief dans Outside, riffs passéistes dans In the clear, balade monotone avec subterranean et un final presque soporifique avec I am a river. Impossible de retrouver la patte des Foo tant ces créations sont loin de l'extase d'un Wasting light ou d'un The color and the Shape.
Je n'arrive pourtant pas àbpunir cet album car j'ai trop de respect pour Dave et sa bande et les heures passées avec eux ne sont que le reflet de celles qu'il me reste encore à partager. Et puis pour un groupe qui a déjà tout prouvé, qui a rempli 2 fois Wembley, qui se permet de "tester" ses nouvelles créations dans des salles exiguës, pour cet état d'esprit, cette volonté de toujours vouloir progresser et se remettre en question, pour toutes ces choses je n'enterrerai pas Sonic Highways et continuerai à l'écouter et peut-être l'apprécier avec le temps.